Dans nos archives (Sirène Num 189 du 3 décembre 2018 : Centre du mali : L’héritage Koufa, des armes et des larmes !

Aucune raison  de se  réjouir de la mort du chef terroriste Amadou Koufa. L’homme a disparu, certes, mais ce ne sera que physiquement, il laisse  derrière lui au centre du Mali tout un monde bouleversé  dans le chaos où il va encore falloir de longues années  de lutte  pour y mettre de l’ordre. Bienvenu dans un autre Kidal !

A l’origine de cette situation ambiguë au centre du pays,  l’attitude de l’Etat dans la gestion de la crise sécuritaire. Osons le dire, et en débattre ne saurait en aucun cas signe du manque de soutien à la mère patrie. L’Etat malien a fauté dans la gestion de la crise au centre du pays.  Comment ?  Pas besoin du rapport  d’une organisation de défense  des droits de l’homme. Les évènements sont récents et tous les observateurs les ont vécus.  La communauté peule a fait les frais  de la crise à travers des massacres qui, au départ ont été assumés par l’Etat malien.

Dans un communiqué  en date du 19 juin 2018, et toujours au titre de ces massacres,  Tièna Coulibaly, alors ministre de la défense et des anciens combattant, assumait la responsabilité  de  fosses communes au centre du pays, plus précisément dans les localités de Nantaka et Kobaka.

Dans ces fosses, dites communes et dont la paternité officiellement a été attribuée à l’armée régulière du Mali par le ministre Tièna Coulibaly, dormaient des  civiles et des témoins les ont bien identifiés comme étant des peuls accusés d’être en connivence avec le terroriste Amadou Koufa.

L’Etat n’a pas tiré les leçons du passé

De la manière où les rebellions  au nord du pays  ont été dans le passé réprimées et matées dans le sang, c’est à travers  pareils agissements  que l’on  a voulu  contrer la situation sécuritaire au centre du pays.  Erreur ! On aurait dû d’abord essayer de faire le bilan des différentes rébellions matées dans le sang  et apporter  une autre solution au problème. Dans ces conditions, les familles de ces civils tués auront du mal à pardonner les gouvernants  qui étaient censés leur apporter protection.

 Des armes et des larmes

Pendant que d’autres pleurent encore leurs morts, d’aucuns usent de représailles.  Des représailles entre communautés et contre l’Etat malien à travers ses forces armées.  Amadou Koufa a laissé derrière lui ce monde désordonné. L’homme  est mort, oui, mais son spectre  y vivra  pour longtemps, très longtemps.

La Rédaction

Source: La Sirène

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