CRISE MALIENNE: l’ONU en a marre…

Au sein de l’instance onusienne, le temps est décidément à la fermeté. Vingt-quatre heures après la publication d’un rapport accablant pour le régime burundais et une recommandation express en vue de l’ouverture d’une enquête par la Cour pénale internationale (CPI), c’est vers le Mali que l’instance internationale braque ses projecteurs. Dans cet autre pays, agacée par l’interminable crise et les atermoiements et caprices des acteurs, l’Organisation des Nations unies (ONU) brandit l’arsenal des sanctions. Héritant d’une crise dans un pays où l’Etat n’a jamais été aussi déliquescent, la communauté internationale, dos au mur en raison des pressions financières liées à l’effort de guerre et du fait des nombreuses pertes dans les rangs des casques bleus et de soldats de Barkhane, veut ainsi siffler la fin de la récréation.

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Fournaise malienne

A l’image de ce dont usent les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) en RD Congo, le Conseil de sécurité des Nations unies envisage l’interdiction de voyage et le gel des avoirs pour des acteurs maliens qui s’échinent à torpiller le processus de retour à la paix. A priori, personne n’est encore nommément visé. Cependant, la menace est brandie contre tous ceux qui font obstacle à la mise en œuvre de l’accord politique d’Alger de juin 2015. Plus de deux ans en effet après la conclusion de cette entente, le Mali en général et la partie septentrionale du pays en particulier demeurent en proie à une insécurité aussi généralisée que la stabilité du pays est tout simplement menacée. On ne compte plus les attaques contre les camps et les convois de la Minusma. On assiste aussi à des affrontements de plus en plus fréquents entre milices fidèles aux protagonistes, à savoir les autorités maliennes et la CMA. En sorte que le nord du pays reste toujours un territoire de luxe pour l’administration et les forces régulières du pays. Bien entendu, à ce rythme, la mission onusienne et celle des soldats de Barkhane sont appelées à se prolonger. Ce qui se ramène à une équation à plusieurs inconnues. Dans la mesure où les financements sont de plus en plus difficiles à trouver et que les soldats ne sont pas nécessairement enthousiastes à l’idée de s’essayer à la fournaise malienne.

Mobilisation accrue et généralisée autour du Sahel

Toutefois, l’adoption de ce régime général de sanctions coïncide avec une mobilisation accrue de la communauté internationale autour du péril sécuritaire dans le Sahel en général. Ainsi, l’on apprend que la France a décidé de l’armement des drones qui sont appelés à survoler dorénavant le désert sahélien. Ces avions sans pilotes ne se contenteront donc plus de recueillir des renseignements à destination des troupes au sol ou aux soldats dans les airs. Parallèlement à ce recueil stratégique, ils pourraient directement neutraliser certaines cibles qui seront identifiées. Sur la même lancée, on apprend que l’Organisation du traité de l’Atlantique nord ((OTAN) vient d’ouvrir, en Sicile, un centre militaire dédié au Sahel en général et à la Libye en particulier. Si l’on se rappelle que cette organisation, du fait de son intervention inappropriée et injustifiée en Libye, est de beaucoup dans le chaos que connaissent aujourd’hui ce pays et l’ensemble de la région, l’ouverture de ce centre passe alors pour un juste retour des choses. Cependant, il serait naïf de croire que cet interventionnisme militaire à outrance en Afrique n’a que des effets bénéfiques. Malheureusement, c’est le prix à payer pour un continent qui, plus de cinquante ans après les indépendances, se singularise par sa tendance trop prononcée à provoquer les crises et son incapacité notoire à y faire face.

Boubacar Sanso Barry   

 

Source: ledjely

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