Crise malienne : les résolutions de la CEDEAO divisent les acteurs

Les réactions se multiplient après les résolutions de la CEDEAO sur la crise malienne. L’organisation régionale a exigé ce lundi 27 juillet, à l’issue de son sommet extraordinaire, « la formation d’un gouvernement d’union nationale, la recomposition de la Cour constitutionnelle et la démission de 31 députés y compris le président du Parlement dans un bref délai ». Pour la CMAS de Mahmoud Dicko et la Convergence des Forces Patriotiques, CFP, « il s’agit de mesures favorables à une sortie de crise ». Mais certains députés préviennent : « pas question de démissionner », tant dis que les candidats « recalés » par la Cour constitutionnelle exigent tout simplement « la dissolution de l’Assemblée nationale ».

En plus de la démission des 31 députés, dont l’élection est contestée, la Cédéao demande la recomposition rapide de la Cour constitutionnelle et la mise en place rapide d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de l’opposition et de la société civile. Ces propositions semblent être une « solution crédible » de sortie de crise, selon la majorité présidentielle à travers la Convergence des Forces Patriotiques qui défend les instituions de la République. « C’est une avancée dans la résolution de la crise, car la paix n’a pas de prix. Chacun doit mettre le Mali au dessus, et je suis convaincue que ces propositions vont résoudre au moins à 50% le malaise que vit le pays », nous explique Fatoumata Sako, vice-présidente de la Convergence des Forces Patriotiques.

L’imam Dicko, figure emblématique de la contestation et son mouvement politique, membres fondateur du M5-RFP, partagent également les propositions faites par les chefs d’Etat et de gouvernement de la Cédéao. Le Coordinateur général de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants demande la fin du bras de fer. « Un bras de fer n’honore pas notre pas notre pays, et ça risque de décrédibiliser cette lutte patriotique, démocratique et républicaine nous menons. Nous estimons que la CEDEAO ne résout pas totalement le problème, mais c’est une avancée en ce qui concerne la position de la CMAS », renchérit pour sa part Issa Kaou Djim, porte de l’Imam Mahmoud Dicko.
Cette position est-elle partagée par les autres responsables du M5-RFP ? Difficile d’en dire plus. Car nos tentatives pour avoir leur avis sont restées vaines.
« Nous n’allons pas démissionner ! »
La démission immédiate des 31 députés dont l’élection est contestée est à la fois rejetée par ces derniers et par les candidats qui se disent « spoliés » de leur mandat. Selon eux, l’application de cette mesure est déjà confrontée à plusieurs obstacles. « C’est une déclaration trop hâtive, trop passionnée. Nous sommes députés très bien élus par nos populations, et nous resterons députés. Il n’y aura aucune démission. Personne ne pourra nous forcer à démissionner. Nous rejetons purement et simplement cette proposition de la CEDEAO, car elle est nulle et non effet », a déclaré Marcelin Gueungueré député élu à Koro, pour qui « cette décision n’engage que la CEDEAO ».
De leur coté, les candidats qui se disent « spoliés » de leur mandat soutiennent que cette résolution des présidents des pays membres de la Cedeao n’est pas une solution durable à la crise malienne. Certains parmi eux estiment qu’on ne peut prétendre chercher la légalité et demander la démission des députés déjà installés à l‘Assemblée nationale. Ces candidats dont la victoire a été « confisquée », selon eux, demandent la dissolution de toute l’Assemblée Nationale et la reprise des élections législatives sur toute l’étendue du territoire national. Selon eux, ces élections générales permettront de rétablir la légalité et la légitimité de l’hémicycle. « En réalité, ce sont pas 31 députés spoliés de leur victoire, nous sommes en tout 65 députés. Nous rejetons la décision de la CEDEAO, et nous nous considérons comme des députés élus, mais volés de leur victoire. Pour cela nous réclamons de dissoudre l’Assemblée », a déclaré pour sa part Gossi Dramera, un des candidats qui se dit « spolié ».
En attendant l’entrée en vigueur des résolutions de la CEDEAO, l’opinion reste divisée sur le caractère constitutionnel de cette démission.
Source: studiotamani
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