CONFLITS INTERCOMMUNAUTAIRES DANS LE CERCLE DE BANKASS : Une commission composée de cadres de toutes les communautés (Dogon, peul, Daffing …) mise en place pour sensibiliser les populations sur le terrain

La situation sécuritaire se détériore au jour le jour dans le cercle de Bankass. Il ne se passe pas de jour sans qu’un citoyen ne soit tué. Face à cette situation dramatique, les élus nationaux et locaux, les cadres et tous les ressortissants de Bankass, Dogons, peuls, Daffings et autres, ont, lors d’une assemblée générale tenue le samedi dernier, décidé d’assumer leurs responsabilités tout en sensibilisant leurs parents.

Sans rancune, les Bankassois ont longuement discuté de ces conflits intercommunautaires. Les députés, le président du conseil de cercle, les maires des différentes communes, les officiers en retraite, les cadres résidents à Bamako, les jeunes étudiants, tous étaient unanimes que la situation est déplorable et il faut vite réagir. Chacun a aussi proposé des solutions de sortie de cette crise que le Pays Dogon, en particulier le cercle de Bankass, n’a jamais connue.

D’entrée de jeu, le colonel en retraite, Bocary Guindo, a appelé les deux communautés, Dogon et peul, à un dialogue franc pouvant aboutir à la paix. « Qu’on ne se leurre pas. La situation à Bankass est grave. Nous avons, aujourd’hui, l’opportunité de débattre de ce problème de manière dépassionnée et de proposer des solutions », a-t-il déclaré. Pour lui, les Dogons, comme les Peuls, meurent à longueur de journées. Avant de terminer, le colonel Guindo a invité les participants de faire des propositions qui pourront permettre à la résolution de cette crise pour l’intérêt des communautés.

L’Honorable Drissa Sankaré a, lui aussi, dépeint le calvaire que vivent les populations bankassoises. « Il ne se passe pas un jour, sans qu’un Dogon ne meure, sans qu’un peul ne meure », dit-il haut et fort, comme pour dire qu’une seule ethnie n’est pas victime de cette guerre intercommunautaire. Parlant de ses propositions, l’Honorable Sankaré a souhaité qu’une délégation soit formée pour rencontrer le Premier ministre afin de l’expliquer ce qui se passe réellement à Bankass. Ce n’est pas tout, il faut, selon lui, envoyer une délégation composée de toutes les communautés pour sensibiliser la population sur le terrain.

« Il faut qu’on ait le courage de dire que ça ne va pas et que les communautés Dogon et peul s’affrontent », déclare le maire central de Bankass, M. Allaye dit Moulaye Guindo. A ses dires, les auteurs des exactions, enlèvements, incendies des villages et hameaux, vols de bétails…ne sont pas des étrangers ; ce sont des Bankassois, Peul comme Dogon. « Pour moi, il faut mettre en place une commission composée de toutes les communautés pour que chacun sensibilise sa communauté. Il faut urgemment faire cela », propose-t-il, avant d’ajouter : « Il faut aussi que l’armée soit déployée sur le terrain pour sécuriser les personnes et leurs biens ».

Plusieurs cadres ont intervenu, chacun a proposé des solutions. La mise en place d’une commission composée de toutes les communautés du cercle de Bankass pour aller sensibiliser sur le terrain, la rencontre avec le Premier ministre, et le déploiement rapide de l’armée ont été les plus proposés et ont été maintenus.

D’ores et déjà, une commission composée des élus locaux et autres a été mise en place pour rencontrer le Premier ministre dans la journée d’aujourd’hui. Quant à la commission qui sera sur le terrain pour sensibiliser les populations, elle a déjà été mise en place aussi.

Boureima Guindo

Source: Le Pays

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