Comité de suivi de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix: LA QUESTION DE REPRÉSENTATION RESTE EN SUSPENS

La session du CSA a enregistré de substantielles avancées, mais certains mouvements n’ont pas encore obtenu leur ticket d’entrée

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La session du Comité de suivi de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation a pris fin mercredi dernier au CICB. Les discussions ont porté sur le règlement intérieur du comité, le chronogramme de mise en œuvre de l’Accord et le financement des activités du Comité. Tous ces points ont été résolus par les membres du Comité après deux jours d’échanges parfois très tendus.
Par contre, la question de la représentation de certains mouvements armés au sein au Comité de suivi de l’accord reste toujours pendante. La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) reste intraitable en ce qui concerne son refus d’inclure dans le quota de représentants qui lui est réservé au sein du Comité deux mouvements : la Coalition pour le peuple de l’Azawad (CPA) et la Convergence des mouvement et fronts patriotiques de résistance 2 (CMFPR 2). Pour la CMA, ces deux groupes ne font pas partie de l’entité qu’elle constitue, même s’ils ont signé le 15 mai dernier l’Accord en son nom. La CMA est également opposée à l’intégration dans le Comité des groupes non signataires de l’Accord. Ces groupes sont le Front populaire de l’Azawad (FPA) et le Mouvement populaire pour le salut de l’Azawad (MSPA).
A ce propos, le vice-président du MNLA, membre de la CMA, Mahamadou Djéry Maïga avait mis en garde contre toute violation du document signé par les parties. « L’Accord définit clairement les parties et nous ne pouvons pas commencer par le violer avant même sa mise en application. L’Accord indique que les parties signataires sont la CMA, la Plateforme et le gouvernement. C’est ce que nous avons rappelé et nous pensons que nous sommes en conformité avec l’Accord. Toutes les autres parties doivent se trouver au sein de ces trois groupements, sinon elles ne peuvent pas exister », avait-il déclaré à la presse mardi après la suspension des travaux. Le président du FPA, Alassane Ag El Mehdi, alias Jimmy le rebelle, ne veut pas pour sa part entendre parler de l’exclusion de son groupe. Au cours d’un échange avec la presse, il a soutenu que le Comité de suivi de l’accord ne pouvait être constitué sans le FPA et le MSPA. Et qu’il fallait tenir compte de la réalité que représentent ces deux mouvements.
TOUT EST PRIORITAIRE. A la fin de la rencontre de mercredi, le représentant adjoint du Secrétaire général des Nations unies au Mali avait laissé entendre qu’un compromis a été trouvé par rapport à la question de la représentation. « Une solution a été trouvée au problème de quotas. Le compromis était indispensable parce qu’il fallait tenir compte des entités qui ont signé l’Accord et aussi de celles qui n’ont pas signé. Il faut tenir compte aussi de la base de tout le processus qu’est la Feuille de route établie avec trois parties identifiées : le gouvernement, la Plateforme et la Coordination. Il faut également prendre en charge les changements survenus en cours de chemin. Mais ce qui est important, c’est l’engagement qui est pris », a déclaré Arnauld Akodjenou. Cependant, presqu’au même moment les propos optimistes du responsable de la MINUSMA étaient contredits par une autre source qui nous révélait que aucun compromis n’avait pu être dégagé et que le problème de la représentation restait entier.
La session a toutefois fait œuvre utile puisqu’elle a permis aux participants de mettre en place quatre sous-commissions qui vont travailler sur les éléments du chronogramme de la mise en œuvre de l’Accord. Il s’agit de la sous-commission « Politique et réformes institutionnelles », de la sous-commission « Défense et sécurité », de la sous-commission « Développement » et enfin de la sous-commission « Justice et réconciliation ». « Les sous-commissions vont se réunir très rapidement pour pouvoir définir leurs programmes qui seront revus et corrigés en fonction de ce que le gouvernement mettra sur la table en tant que leader. Dans l’exécution du chronogramme, tout est prioritaire. Mais ce que nous avons unanimement retenu, c’est qu’il y a des actions urgentes à mettre en route sur le plan humanitaire ainsi que sur le plan des mesures de confiance qu’il faut créer pour que les gens s’asseyent autour de la table », a indiqué Arnauld Akodjenou.
Par rapport au financement du CSA, il a été indiqué que le gouvernement malien supportera en grande partie les charges liées au bon fonctionnement du Comité. Les partenaires peuvent également apporter leurs contributions. Une sous-commission travaillera sur le montant du budget à allouer. Au cours des discussions, il a été clairement dit que le CSA devait être financièrement autonome
« Ce fut une bonne session. Il y a eu des résultats concrets et les discussions se sont déroulées dans une ambiance particulièrement conviviale et fraternelle. Nous avons constaté un engagement fort des autres parties au côté du gouvernement pour pouvoir traduire sous l’autorité du Comité de suivi des actions concrètes dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de paix et de réconciliation », s’est réjoui le représentant adjoint du Secrétaire général des Nations unies au Mali.
L’espoir de pouvoir avancer rapidement dans la mise en œuvre de l ‘Accord existe. Mais il ne fait pas oublier le fait que la session a été clôturée mercredi sans que les parties n’aient pu résoudre le problème de la représentation. Au sortir de la salle, les divergences se reflétaient sur les visages légèrement tendus des uns et des autres. Peu auparavant, le président de la Plateforme, Me Harouna Toureh, et ses compagnons avaient claqué la porte en laissant éclater leur colère dans les couloirs du CICB. Ils ont préféré ne pas commenter les raison de leur irritation, mais il semble bien que celle-ci ait été provoquée par les interminables discussions sur le sort à réserver aux mouvements « non pris en compte » pour le moment.
Dans son adresse à la presse, le président du CSA, l’ambassadeur algérien Nourridine Ayadi, a essayé de calmer le jeu et de jouer l’apaisement. « Ce qui est encore en discussion ne constitue pas une divergence majeure. Il y aura un accord entre les parties. Ce n’est pas un problème », a-t-il assuré lorsque la question de la représentation a été évoquée.
M. KÉITA

source : L’ Essor

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