Charnier de Diago : Le camp para sous le choc

Un charnier, abritant des corps de bérets rouges, a été découvert à Diago mercredi dernier. La nouvelle focalise les débats à Bamako, notamment dans le camp des parachutistes où les familles des disparus étaient sous le choc hier. Toutefois, elles se réjouissent que « la vérité ait vu le jour». Les familles n’entendent pas lâcher prise, « nous voudrions que les auteurs du crime, dont Amadou Haya Sanogo, soient jugés et condamnés…», déclare sans ambages la femme d’un disparu. Reportage au camp para.

 

 

Camp para militaire armee beret rouge

« Il n’y a plus rien à nier. Cette découverte dit tout », raconte Mme Sogodogo, Fatoumata Samaké, chargé des relations extérieures du collectif des femmes de bérets rouges disparus qui pense que le complot est enfin étalé au grand jour. C’est dans une atmosphère de joie et de tristesse que la vie au Camp des parachutistes reprend son cours, ce sous l’œil vigilant des bérets rouges qui ont repris, depuis une semaine, la garde de la garnison.

 

 

Pour les familles, la découverte macabre confirme ce à quoi elles ont toujours pensé: les 21 bérets rouges portés disparus depuis avril 2012 ont été exécutés par Amadou Haya et ses hommes. Mme Sogodogo est revenue sur les nombreuses démarches que le collectif a entreprises pour élucider la situation de leurs maris.

 

 

Mais « toutes nos tentatives ont échoué, et depuis on s’attendait à cette triste nouvelle », dit-elle en larmes. Amadou Haya Sanogo et ses hommes de mains avaient tenté de brouiller les pistes en glissant les noms des disparus dans les listes des soldats mutés au nord, à en croire la chargée des relations extérieures du collectif des femmes des bérets rouges disparus.

 

 

L’objectif, selon Mme Sogodogo, «était de faire croire que nos maris ont été tués au nord lors d’attaques islamistes ou de rebelles du Mnla». Pour elle, rien ne peut justifier ces assassinats crapuleux. « Même au front, on n’a pas le droit de tuer un ennemi déjà en mains », argumente t-elle.

 

 

Mariam, autre membre du collectif, souhaite vivement que Haya et ses complices soient jugés et châtiés conformément à la loi. Des femmes de bérets rouges ont été violentées lors des évènements et leurs biens emportés par des militaires (bérets verts et autres), selon plusieurs témoignages.

 

 

Cependant, elles (les femmes) affirment avoir confiance en la justice malienne. Une autre dame souhaitant garder l’anonymat, souligne que les bérets rouges, bien avant leur disparition, ont été ligotés devant leurs familles sur la place d’arme du Camp.

Pour A.C, boutiquier et frère d’un béret rouge, la justice doit avoir les mains entièrement libres pour situer toutes les responsabilités dans cette affaire. Et que les auteurs écopent des peines conséquentes. Gaoussou, un jeune du camp  précise que la jeunesse du Camp para restera mobilisé aux côtés des femmes.

 

 

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SOURCE: L’Aube
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