Bamako et Bruxelles : Les symboles de l’Europe attaqués !

Trop distantes et très proches à la fois, par les symboles qu’elles incarnent par-delà cet espace-temps, les deux capitales, malienne la veille et belge le lendemain, semblent logées à la même enseigne des cibles terroristes. Si c’est une pure coïncidence, c’est évident que c’est un hasard calculé à la Machiavel nouveau visage lugubre. C’est du moins le rapprochement que nous laisse entrevoir, dans ces décombres macabres, M. DIARRA Ibrahim S., analyste des questions de Paix, de Sécurité et de Défense. Il a déjà à son actif plusieurs études et publications sur cette thématique. Lisez plutôt.

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Etat-major de l’European Union Training Mission Training (EUTM), au cœur du quartier huppé de l’ACI 2000, à Bamako ; Métro Maelbek, à deux pas du Parlement Européen, Aéroport International de Bruxelles-point de connexion de toute l’Europe !
De prime abord, aucun lien ne semble exister entre ces différents événements survenus à moins de 24 heures d’intervalle et dans des pays distants de plusieurs milliers de kilomètres.
Mais à y voir de plus près, nous sommes interpellés par certaines similitudes.

A Bamako, pour qui connaît l’Hôtel Nord-Sud, un endroit sous très haute protection, avec plusieurs corridors, cercles concentriques et filtres de contrôle d’accès, s’y aventurer ne peut être que suicidaire. En effet, nous avons pensé que les terroristes n’ont pas mûri la réflexion avant d’agir (mauvaise Méthode de Raisonnement Tactique- MRT) ; ou simplement, ils ont « un quotient intellectuel inférieur à taille de l’ANP», expression utilisée dans le jargon militaire pour magnifier la bêtise humaine ; ou plus simplement, les terroristes, n’étaient pas à jour et ont pensé que le Nord-Sud n’était encore qu’un simple hôtel. Ils ignoraient certainement que c’était un camp retranché, une forteresse, un endroit hautement sécurisé. Car s’attaquer à l’Etat-major de l’EUTM, c’est vraiment prouver un amateurisme béant et béat.

A peine remis de nos émotions de la soirée tonitruante de Bamako du 21 mars, nous voilà plongés de nouveau dans un cauchemar, dès le lendemain 22 mars, à Bruxelles, nous pensions revivre les attentats de Paris, tant par la coordination de l’action visant simultanément deux sites différents, que par l’amplitude, la magnitude et l’envergure de l’attaque terroriste.
Mais en analysant ces deux événements de Bamako et de Bruxelles, nous voyons que deux symboles de l’Europe viennent d’être atteints:

_Bruxelles est devenu, depuis plusieurs années, la capitale de l’Europe, où les décisions stratégiques touchant les 28 membres de l’Union Européenne (UE) sont prises. C’est aussi le lieu d’impulsion et de mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Bruxelles est en effet le lieu où l’EUTM a été pensé et planifié, où il est suivi, révisé et financé.
_Bamako, par contre, est le lieu d’expérimentation et de mise en œuvre des réflexions et projets stratégiques émanant de Bruxelles. C’est aussi le lieu où les fonds européens pour la Paix et la Sécurité sont absorbés : les programmes de formation EUCAP et EUTM à destination des Forces de Sécurité et de Défense du MALI en sont la parfaite illustration. Pour preuve, plusieurs bataillons ont été formés et plusieurs militaires recyclés.

Les terroristes du dimanche, en s’attaquant le 21 mars 2016 à l’Hôtel Nord-Sud, savaient certainement qu’ils n’avaient aucune chance de réussite ; mais ils ont à coup sûr marqué les esprits, en tentant d’ébranler une ramification de l’Union Européenne au MALI, donc l’esprit de tous les Européens vivant dans notre pays. L’effet psychologique recherché semble atteint, peu ou prou. Pour rappel, un officier de sécurité de l’Union Européenne avait perdu la vie lors de l’attaque de « La Terrasse » dans la nuit du 06 au 07 mars 2015.

Bruxelles et Bamako ont aujourd’hui des destins liés et scellés. Et espérons que d’autres représentations ou symboles européens ne soient touchés, de sitôt… En attendant la fin des enquêtes, vigilance et solidarité s’imposent face à ces épreuves bruxello-bamakoises.

 

La rédaction 

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