Amberi Ag Rhissa : « Nous ne pouvons plus continuer à nous sentir comme des corps étrangers chez nous »

La chose sur laquelle nous insistons, est que l’Azawad ait ses destinées en main. Il faut que les populations de l’Azawad ne soient plus gérées comme des choses. Il faut que nous nous sentions chez nous. Nous ne pouvons plus continuer à nous sentir comme des corps étrangers chez nous. On n’a jamais demandé plus que ça. Mais on n’a jamais pu nous offrir ça.
On était indépendantiste, par la force des choses on nous a tordu la main, on nous a dit de renoncer à l’histoire de l’intégrité du territoire. On l’a dit N et N fois.
L’intégrité territoriale du Mali il y a longtemps que nous avons cédé sur ça. Ce n’est pas la première fois, on a cédé sur ça en 1963-64, en 1991-92 au pacte national, en 2006 avec l’accord d’Alger, mais ça n’a jamais résolu le problème.

Ambery Ag Rhissa instituteur professeur

Aziza Mint Mohamed, rapporteur du groupe thématique politico-institutionnel : « Quand le président du conseil régional  est responsable du développement économique, social et culturel de sa région, il y a déjà une gestion autonome des ressources »
Aujourd’hui nous avons des propositions à faire en termes de décentralisation et en terme de régionalisation parce que le problème qu’on a c’est le problème de mal gouvernance, de sous-développement, de manque d’infrastructure, de pauvreté, de manque d’emploi des jeunes. Comme solution, nous avons dit de transférer toutes les compétences et ressources vers les collectivités, que le président du conseil régional  soit le responsable du développement économique, social, culturel de sa région. Qu’il assure la défense de sa région, qu’il gère son budget, qu’il continue de travailler avec les services techniques de sa région,  qu’il administre. Au fait, le problème est seulement un problème de transfert de compétences, des ressources, de gestion autonome des collectivités, parce que quand le président du conseil régional  est responsable du développement économique, social et culturel de sa région, il y a déjà une gestion autonome des ressources. Il faut séparer les compétences, il faut revoir la désignation de nos chefs de quartier, de fraction et de village. Revoir même la nomination de nos gouverneurs et des autres représentants de l’Etat sur le terrain.

Mohamed Ousmane Ag  Mohamedoun, Chargé des relations extérieures et des pourparlers inclusifs de la Coalition du Peuple de l’Azawad(CPA) : « C’est un processus long qui va se poursuivre au-delà de la signature l’accord »
A ce niveau je suis encore très optimiste. C’est ce débat qu’on va engager  et qui va nous emmener vers des conclusions qui vont permettre surement l’écriture et la  mise en place d’un accord qui pourrait répondre aux préoccupations des uns et des autres. Mais le processus de discussion et la signature de l’accord ne sont pas la fin de tout. C’est un processus long qui va se poursuivre au-delà de la signature l’accord. Les discussions sont une étape,  mais sa mise en œuvre  est l’une des  étapes les plus importantes. Donc je suis optimiste qu’à l’issue de ces discussions à Alger, on aboutira inchallah à un accord qui puisse satisfaire l’ensemble des parties de part et d’autre.

Fadimata Walet, Coordination des femmes de l’Azawad : ‘’Il faut  une autonomie des trois régions du nord’’
Si le problème est identifié, je suis sûr et certaine qu’il y’aura la paix. Le problème, c’est la déstabilisation du nord, la mal gouvernance, la défaillance des armées. Ce sont des problèmes successifs de 1963 jusqu’à nos jours et qui sont restés sans solution, seront résolus, si le gouvernement malien fait un effort comme les groupes armés en ont fait: ils étaient indépendantistes, ils sont venus vers l’autonomie ou bien vers le fédéralisme. En tout c’autogestion, l’autonomie  qui préoccupe la grande majorité des gens que je vois. Nous avons vécu la décentralisation mais ça nous a amené au chaos. Donc il faut l’autonomie des trois régions du nord. Pour cela, il y aura une République du Mali et puis l’entité autonome de l’Azawad. Donc il y’aura l’Azawad qui se gère en autonomie et le régime central. N,
Tout sera nommé par nous mêmes à savoir les Azawadiens et tout sera géré par les Azawadiens. Je pense qu’il est mieux que tout soit autonome pour mettre chacun devant ses responsabilités, pour que nous ayons la paix.

SourceLerepublicainmali

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