Amadou Haya Sanogo ( 22mars 2012-30 septembre 2013) : De la gloire à la déchéance brutale

Le 22 mars 2012, le Mali venait de connaitre  la deuxième grande tache noire de son histoire politique depuis l’indépendance en 1960.

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Ce qui a permis de porter un certain Amadou Haya Sanogo à la tete du pays. Quatre ans après, l’homme considéré comme un héros est aujourd’hui tombé complètement dans l’oubli par la faute de ses propres turpitudes. Ce second coup d’état considéré par les uns le plus béni et le plus ignoble pour les autres, a failli remettre en cause les acquis du 26 mars 1991 obtenus de hautes luttes.  Mais à y voir de près ce coup d’état a été rendu possible grâce au déclenchement de la rébellion touareg le 17 janvier 2012 avec la prise de Kidal par les combats du MNLA appuyés par les terroristes d’Aqmi suivi des accusations des femmes se réclamant comme étant des femmes des militaires déployés au Nord du Mali. Pire certains hommes politiques de la place avaient accusaient directement le président de la république d’alors ATT d’être le chef des rebelles et d’avoir vendu cette partie du Nord du Mali aux Français. Du coup ce coup d’état fut accueilli comme une libération et une gloire pour le peuple malien surtout avec les déclarations d’Amadou Haya Sanogo qui disaient qu’ils sont venus pour libérer le Nord du Mali. Mais certains hommes politiques avertis savaient qu’Amadou Haya Sanogo ne bougerait jamais de Kati mais qu’il chercherait à rester au pouvoir comme l’a fait le Général Moussa Traoré (à noter qu’il avait déclaré qu’il rendrait le pouvoir 6mois pour rendre le pouvoir aux civils mais est y resté pendant 23 ans avant qu’il ne soit chassé par une révolution populaire). Pour faire échec aux forces rétrogrades et restauratrices, ces hommes politiques démocrates s’étaient constitués en mouvements dont le plus visible a été le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie et de la République (FDR) ou front anti putsch. Aussitôt les partisans d’Amadou Haya Sanogo répliquent en créant un mouvement dit MP22. Pendant plus d’une année Amadou Haya Sanogo multipliait des arrestations arbitraires des hommes politiques et des déclarations fracassantes sur fond de menaces et d’intimidations à tous ceux qui refusent de se plier à ses désirs. Et le problème du Nord est mis aux oubliettes. C’est ainsi que ses anciens compagnons de putsch Capitaine Amadou Konaré, Capitaine Seyba Diarra, Colonel Youssouf Traoré et l’ancien Premier Ministre Cheick Modibo Diarra vont subir tour à tour des humiliations et des brimades les plus ignobles. Obnubilé par le pouvoir et l’argent facile, Amadou Haya Sanogo lâche ses soutiens politiques tapis dans l’ombre au profit de Dioncounda Traoré d’om le début de ses malheurs. La victoire d’IBK à l’élection présidentielle 2013 n’a fait qu’empirer la situation. Se croyant tout permis, il provoque une confrontation entre ses compagnons à Kati le 30 septembre 2013. Aussitôt il fut arrêté et sa bande par l’Opération Saniya dirigé par Jean Elisé Daou. Quatre ans après on se rend compte que le coup d’état du 22 mars 2012 ne devrait pas avoir lieu car il est sans nul doute celui de l’ignominie et certainement de la repentance pour ses auteurs qui sont aujourd’hui en taule. Une date du recul et de la tentative de réécriture de l’histoire de notre pays où le peuple malien se rappellera longtemps de ce coup d’arrêt contre sa démocratie. La preuve ces avec à leur tête un certain Capitaine Amadou Haya Sanogo qui avaient  justifié leur forfait sur l’ORTM, par leur volonté d’aller combattre la rébellion au nord, ne sont jamais allés. Pire les régions de Gao et de Tombouctou et la ville de Konna avaient été prises par les rebelles. N’eût été l’intervention des forces françaises à savoir l’opération Serval, l’ensemble du territoire malien allait s’écrouler. Pourtant ils avaient fait croire aux maliens qu’ATT refusait de donner des  d’armes et des minutions aux militaires sur le front. On pouvait croire à ces arguments s’ils avaient pu chassés les rebelles et alliés du territoire malien. La suite est connue avec la mise à sac de l’administration par les militaires putschistes, le détournement des fonds versés à la junte par les structures financières et la chasse aux sorcières des anciens dignitaires, l’occupation des 2/3 du territoire national par le MNLA et les groupes terroristes islamistes armés suivi d’une campagne de diabolisation des responsables du désormais ex régime qui ont été vilipendés et pris à parti par les nouveaux hommes forts de la République. Aujourd’hui celui qui avait été considéré comme un héros se trouve totalement dans un oubli total en attendant son jugement devant le cours d’assises pour assassinats et de complicité d’assassinats de 21 bérets rouges découverts dans un charnier à Diago(Kati).

Abdoul Karim Konaté

Source: Zenith Balé

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