Affrontements du 21 mai : Moussa Mara devrait avoir …

Décidément le ridicule ne tue plus au Mali. Sinon comment comprendre que le Premier ministre, Moussa Mara, qui disait à son retour de Kidal (après les tragiques événements du 17 mai) que « Le pays est en guerre », en vienne à retourner la langue quelques jours plus tard après la débâcle de l’armée. N’est-ce pas le même Mara qui soutenait la voix de son Président IBK pour déclarer à la face du monde que le gouvernement n’avait pas donné l’ordre de mener l’assaut sur Kidal ?

 

Monsieur Moussa Mara premier ministre pm malien

 

C’est non seulement aberrant mais aussi assez insultant à l’endroit de nos forces armées. Ce reniement veut également dire que ceux d’entre les militaires tombés sous les bals des criminels du MNLA sont morts pour rien. Quelle provocation ! Moussa Mara, disons-le, a « trop poussé le pion ». Il est à se demander si les coups de feu qui retentissaient à Kidal, lors de sa controversée visite, n’ont pas brouillé la mémoire du Chef du gouvernement.

En fait, c’est lui-même Mara qui disait, en réaction aux tueries de Kidal, que « la riposte du Mali serait à la mesure de l’agression ». Comme si tout cela ne suffisait pas, il a aussi dit, lorsqu’il recevait les curieux marcheurs, quelques jours après à la primature, que 1500 soldats étaient en route pour Kidal. C’était 48 heures après les affrontements sanglants du 21 mai.

Quel ordre voudriez-vous, monsieur le Premier ministre (si puissant que vous pouvez engagez personnellement et directement l’armée dans un conflit meurtrier en leur défaveur) que les soldats attendent ? Après toutes ces déclarations va-t-en-guerre que vous avez-vous-même lancées. Aucun Malien, disposant du minimum de son bon sens n’a besoin d’aller à l’école pour savoir ce que vous avez voulu dire. Nous faire croire le contraire reviendrait à nous prendre pour des imbéciles.

En réalité, on ne vous fait pas un procès d’intention, mais il est clair que vous avez voulu implicitement engager l’armée. Qu’il vous plaise qu’on vous le dise ou non ! Et c’est ce que nos troupes ont fait, conformément au principe sacré de la discipline dans l’armée.

Et si nos hommes avaient réussit à libérer Kidal, nul doute que vous seriez le premier à en tirer les dividendes en termes politiques (bien entendu, le parti au pouvoir pour lequel vous agissez aussi). Comme ce ne fut pas le cas, ne cherchons pas, monsieur le Premier ministre, des boucs émissaires.

Votre attitude n’est plus ni moins qu’une fuite en avant. Tous les Maliens attendaient plutôt que vous ayez le courage de reconnaître votre responsabilité dans ce qui est arrivé. On ne serait pas arrivé à cette extrémité si vous ne vous étiez pas rendu à Kidal. En allant à Kidal, vous saviez bien que les conditions maximales de sécurité n’étaient pas réunies.

D’ailleurs la France, la MINUSMA et le désormais ex ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga vous auront déconseillé de vous rendre dans ce qui est à considérer comme une poudrière. Mais puisque vous aviez des motivations personnelles inavouées, vous avez mis tous les Maliens dans une situation de honte mêlée à la gêne.

Vous avez mené tout droit nos frères d’arme et des civils à la boucherie. Une chose est sûre, aucun pays sérieux au monde ne garderait un Chef de gouvernement auteur d’une faute aussi grave. Puisque vous-même n’avez pas le courage de démissionner.

Dans tous les cas, le Premier ministre devrait plutôt avoir la sagesse de présenter ses excuses aux Maliens et reconnaître sa part de responsabilité. Et c’est là tout le sens notre propos.

Amadou N’DJIM

Source: Liberté

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