Mots pour maux: la jeunesse malienne s’agite, mais n’agit pas

Après la disparition d’un être si cher, nous avions daigné soulever notre plume pour faire notre deuil : il s’agit du très cher honorable Soumaila CISSE. Que son âme repose en paix !

Après une petite hibernation, nous revenons à la charge. Il ne s’agit pas de charger directement la Transition, mais de recadrer une certaine jeunesse dont le sport favori est de s’en prendre à tort ou à raison à la puissance colonisatrice, la France.
Je tiens, tout d’abord, à rappeler que les relations entre la France et ses colonies datent de très longtemps et que nul ne peut les gommer. Il importe aussi de rappeler que les relations entre États, sont de types stratégiques et que chacun défend ses intérêts.
Ceci étant, il ressort que les problèmes et les solutions qui s’imposent à nous sont d’abord et surtout endogènes. N’allons pas chercher très loin.
Par le fait de l’histoire nous sommes liés à la France, nous pouvons et devons faire avec, comme d’ailleurs beaucoup l’ont fait et continuent d’agir ainsi sans compromettre le développement de leur pays. Je pense à SENGHOR, à Houphouët, Oumar BONGO, qui ont su entretenir des relations géo- stratégiques et militaires très étroites avec l’Hexagone, mais étaient véritablement engagés sur le chemin de la croissance économique et du développement. À mon entendement, ce dont les pays africains, surtout francophones ont besoin, ce sont des réformes structurelles respectant avec un suivi rigoureux et non des excitations à l’approche des fêtes des armées et un anniversaire quelconque.
A titre d’illustration, je vais prendre juste deux exemples.
1. Le Mali envahi par des idéaux nationalistes a quitté le Franc CFA pour y revenir en état de détresse absolue après 22 ans de balade et d’incertitude économique.
2. Le second exemple était la rupture de la coopération militaire avec la France un 20 janvier 1961 pour ensuite les appeler au secours en 2012, puis solliciter un accord militaire avec elle.
La leçon principale qu’il faut en tirer sans être dans le secret des dieux, c’est que chaque appel à la France durcit les conditions de leur retour et les nouveaux accords signés seront en notre défaveur totale ; c’est un principe banal de la relation humaine. Sans faire trop de littérature, j’en appelle au sens élevé d’éveil de conscience de mes concitoyens surtout les jeunes, d’éviter de nourrir inutilement un esprit de haine vis-à-vis de la France. Nous avons assez écouté les discours populistes et démagogiques à l’endroit de nos partenaires de tous les jours et qui se battent nuit et jour aux côtes de nos Forces Armées et de Défense. Notre combat doit se focaliser sur comment améliorer nos relations avec nos partenaires dans un partenariat gagnant-gagnant et jamais une rupture totale et arbitraire de nos relations.
Dans un passé récent, rappelons-nous du sort réservé aux soi-disant non-alignés, comme Kadhafi qui, malgré son arsenal militaire, a fini par se taire.
Agissons, mais ne nous agitons pas, Soyons prudents, mais pas méfiants.
De par leur posture de membres du CNT, nos jeunes se doivent de proposer des initiatives de loi qui s’imposeront au Gouvernement et laisser la devanture de l’Ambassade de la France en paix.
Dr Laya Amadou Guindo
Maître-Assistant de l’Enseignement Supérieur et leader d’opinion

Source : INFO-MATIN

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