Mali : IBK et l’armée

En matière de défense au Mali, les politiques ont toujours été devant un choix au final assez simple, entre le beurre ou les canons.

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Les gouvernements de Alpha Oumar Konaré avaient clairement fait du budget de la Défense la variable d’ajustement, n’hésitant pas à y puiser comme dans une réserve, sans aller jusqu’au bout de la logique en abandonnant la doctrine de défense autonome.

Les équipements de l’armée Malienne en sont sortis exsangues, de même que les militaires, qui devaient gérer les differentes crises sécuritaires de notre époque. Ils l’ont fait, dans le plus grand silence, ce qui est remarquable vu les sacrifices.

A partir de 2002, Amadou Toumani Touré a remis un peu d’argent, mais pas suffisamment pour retrouver une armée digne de ce nom et capable d’assurer une politique de défense autonome et ambitieuse. On a en quelque sorte prolongé la vie du malade, sans pour autant le soigner. Cet entre-deux est sans doute ce qu’il y a de pire.

Ibrahim Boubacar Keita a clairement tranché, et c’est à mettre à son crédit. Ce sera les canons! La loi de programmation militaire et son adoption par le parlement.

Cependant, a partir du moment où il a été decidé de créer une armée de métier, on n’a que faire de tous ces généraux dont la formation intellectuelle ne correspond plus à la nouvelle doctrine, qui ne s’y adapteront pas, et dont il faudra, de toute manière, expédier une bonne partie en retraite anticipée, du fait de la réduction du format des armées.

Néanmoins, je pense qu’il faut faire le choix politique de l’abandon d’une politique autonome de défense, façon « grande puissance pouvant intervenir seule à n’importe quel endroit  du Sahel » au profit d’une armée unique sous régionale. Nous n’en avons plus, et depuis longtemps, les moyens.

Le Mali n’est pas  une puissance, c’est un fait qu’il va falloir assimiler, même si ça fait un peu mal à notre ego national.

Ne pas confondre abandon d’une politique autonome de défense et révision de ses ambitions stratégiques. De toute façon on n’ a pas le choix, soit le Mali et les pays de la sous région  et le  Sahel ont chacun une armée qui tient à peu près la route,  soit nous pouvons dire adieu à l’idée même d’une défense  sous régionale.

 

Séga DIARRAH

Source: Autre presse

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