La tribune du lundi : L’emprise de la corruption !

Après avoir donné des définitions de la corruption et ses causes dans la précédente parution, l’article se propose d’expliquer l’emprise du mal pour que le citoyen lambda puisse comprendre jusqu’où la corruption est ancrée. Pour cela, les notions de grande corruption (corruption à haut niveau) et de petite corruption (corruption bureaucratique dans l’administration publique) seront évoquées

La corruption apparaît chaque fois que la frontière entre la logique administrative d’intérêt général et la logique économique d’intérêt privé s’estompe ; elle est donc favorisée par l’effacement contemporain de la sphère publique, par l’assimilation à peu près exclusive de la réussite et de l’enrichissement. On voit ainsi de plus en plus de hauts fonctionnaires  pantoufler dans les entreprises, forme blanche de corruption. Même sans les soupçonner d’avoir été des  » sous-marins  » de l’entreprise au sein de l’État, ils mettent les informations acquises dans l’administration au service d’intérêts privés. Les grands partis, n’arrivant pas à se financer via les cotisations d’adhérents, auraient institutionnalisé la corruption : attribution des marchés publics aux plus offrants, subventions à de pseudo-associations, etc.
La corruption est une régression de l’un des principes fondamentaux de la démocratie, l’égalité d’accès des citoyens aux marchés, aux emplois et aux services publics, sans autres considérations que la capacité et le mérite. Cependant, un lien étroit lie la corruption et la vie politique des démocraties, qui suppose l’apparition de professionnels de la politique, qui vivent de la politique et non pas pour la politique. Je pense que seule une classe de politiciens jouissant d’une fortune personnelle pourrait rendre à la politique sa pureté. Il est, donc, nécessaire, d’agir au bon moment pour faire occuper la scène politique par des vrais politiques car d’après un proverbe persan :  » Il vaut mieux lancer une pierre au moment opportun que donner de l’or au mauvais moment. »
C’est surtout l’absence d’une véritable opposition (au Mali, par exemple, depuis 1994 à nos jours) qui apparaît comme le dénominateur commun de nombre de cas de corruption. Elle va alors de pair avec le désintérêt général à l’égard des idées et des programmes, d’où les motivations troubles de ceux qui entrent en politique : ils y voient avant tout et sont aussi tenus d’y voir un instrument de rapide mobilité sociale.
Le succès aux élections dépend en partie de l’intensité de la propagande électorale. Trouvant que le financement public est insuffisant pour emporter les élections, certains partis politiques s’efforcent d’obtenir une contribution financière des entreprises, tout particulièrement celles dont l’activité économique dépend de l’obtention de commandes, d’autorisations ou de subventions des instances publiques.
Il est reconnu l’importance des liens potentiels entre corruption et financement politique. Il faut, donc prévoir plusieurs principes visant notamment à assurer au niveau national la transparence des comptes politiques, l’existence d’un mécanisme de contrôle ainsi que d’un éventail de sanctions efficaces, proportionnées et dissuasives. Les mesures doivent concerner tout autant le financement des partis que celui des campagnes électorales, ces deux domaines étant difficiles à dissocier. Il est plus difficile de prouver la corruption dès lors qu’il n’y a pas d’échanges monétaires directs, ce qui est le cas dans les affaires de corruption de haut vol.
Nous observons que la corruption politique engendre tout une foule d’intermédiaires qui n’appartiennent ni à l’État ni au marché, et qui violent les règles des deux. Ces acteurs, dirigeants d’offices publics de gestion, caissiers de partis, émissaires des politiciens, ne relèvent ni du contrôle bureaucratique ni de l’investiture démocratique. La distinction entre le détournement d’argent au service d’un parti et l’enrichissement personnel est donc sujette à caution, ne serait-ce qu’en raison de l’existence de cette classe trouble.
Les administrés acceptent la corruption parce qu’elle facilite les choses, leur permet de profiter de passe-droits. Les entreprises justifieront de leur côté le versement de sommes importantes aux élites politiques du tiers monde par la nécessité de favoriser la balance commerciale.
Mais il faut reconnaitre que la corruption ne concerne pas que les élites politiques, administratives et économiques. Aujourd’hui encore la plupart des fonctionnaires découverts sont de rang modeste. Par exemple, c’est le gardien de prison qui facilite les contacts des détenus avec l’extérieur, le fonctionnaire de l’ambassade qui accorde abusivement une carte de séjour, le commissaire de police ripoux, les cadres de la fonction publique lors des différents concours d’entrée, etc. Il s’agit alors de sommes faibles, quelques milliers de francs CFA, sans commune mesure avec celles que mettent en jeu les détournements d’attribution de marchés publics. Le fonctionnaire corrompu considère sa fonction comme un patrimoine dont il use à sa guise, les règles publiques comme des instruments de chantage. Nos peuples sont assis sur du faux, car nous n’avons que des dirigeants corrompus et selon Frantz FANON:  » Le grand succès des ennemis de l’Afrique,
c’est d’avoir corrompu les africains eux-mêmes ».
Au regard de tout ce qui vient d’être dit, je pense que le salut doit venir du sommet qui doit servir d’exemple, mais il se trouve que c’est le contraire qui se passe et la base n’a aucun repère.
Jules-Paul TARDIVEL:  » Le vrai patriote s’inquiète, non du poste qu’il doit occuper dans la patrie, mais du rang que la patrie doit atteindre parmi les nations « .
Dr. Sékou DIAKITE
Président de l’Association
 » Mouvement pour le Changement à Kati  (MCK) »
Cell. : (+223) 65 73 64 62
/73 56 84 79.

 

Source: Zénith Balé

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