FOCUS : changement ?

Renchérissement sans précédent des prix des produits de première nécessité, crise économique et financière… le Mali, en plus d’une situation sécuritaire extrêmement compliquée, connait aujourd’hui de nombreuses difficultés, à la fois économiques et sociales. Dans l’ensemble, ces difficultés sont dues aux conséquences désastreuses des 7 ans de gestion calamiteuse et de pillage du Régime d’Ibrahim Boubacar Kéïta. La corruption, sous IBK, a beaucoup été décriée au sommet de l’Etat et dans l’Administration, en même temps que d’autres pratiques.

Et, depuis le coup d’Etat du 18 août 2020, les Maliens attendent les signaux d’un véritable changement.

Certes, c’est bien beau de déclarer, à tout bout de champ, comme le font certains nouveaux maîtres du jour, qu’un Régime a été balayé. Mais, il serait encore plus beau de traduire en actes concrets les aspirations des populations qui se sont soulevées pour réclamer le changement.

Qu’on ne s’y trompe point : l’espoir suscité en août 2020 est en train de s’estomper, sinon de se transformer en grosse déception.

Le changement passe forcément par l’entame d’une lutte implacable contre la corruption et la délinquance financière avec l’ouverture d’enquêtes sur certains gros scandales qui ont ébranlé la République ces dernières années. Qu’est-ce qui a été fait en six mois dans le cadre de cette lutte contre le pillage des ressources de l’Etat et le détournement des biens publics ? L’Etat cherche-t-il à recouvrer ses milliards volés ? Et le sort réservé aux rapports des différents services de contrôle, précisément le Bureau du vérificateur général ? Les Maliens attendent des réponses !

Le changement passe aussi par plus d’éthique, de sens de responsabilité et de devoir chez nos cadres. D’où l’urgence de traduire en actes concrets les discours tenus par les Autorités de la transition.

Quelle devrait être la nouvelle Administration malienne, en cette période de crise diverses ? C’est avant tout la rationalisation des ressources publiques, la maitrise des dépenses publiques, l’utilisation adéquate des ressources de l’Etat…

Pour opérer le changement, le Gouvernement sera mieux inspiré de revenir à certaines organisations concentrées de travail. Il s’agit essentiellement des comités interministériels de travail qui se penchent sur des questions précises, des séminaires de planification des différents programmes et projets, … Il faut que les Ministres travaillent véritablement, qu’ils fassent travailler les cadres mis à leurs dispositions. C’est en cela qu’ils peuvent combler les attentes des citoyens.

Or, les attentes, elles sont nombreuses. Et les défis sont là et tous majeurs. Une exigence de Démocratie et de bonne Gouvernance notamment avec les Reformes projetées et l’organisation des élections, le retour de la paix et de la sécurité… ce sont là autant de chantiers qui attendent la Transition. Et, c’est maintenant qu’il faut poser des actes !

C H Sylla        

Source : L’Aube

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