Chronique : À quand le Sahel ?

Depuis les indépendances, avons-nous seulement répondu à ces questions : qui sommes-nous ? Où voulons-nous aller ? Qu’est-ce que nous avons fait ? Dans ce Mali qui rayonne sans les Maliens, la priorité pour la majorité n’a pas changé : avoir le pain quotidien. Il est vrai que dans cette Afrique qui bouge et n’avance malheureusement pas, sa jeunesse, victime de toutes les oppressions n’a pas encore dit son dernier mot. Même si elle croule sous le poids des maux qui ont assombri momentanément son avenir. Qu’on se souvienne de la jeunesse française ô combien combattante, qui a imprimé à l’histoire les courbes de ‘’valeurs universelles immortelles’’. Ils avaient une moyenne d’âge qui tournait autour de la trentaine et le plus jeune, Saint-Just avait seulement 22 ans.

 

C’est un fait : l’humanité est un concentré d’intérêts contradictoires et le peuple qui va baisser la culotte aux dépens d’un autre, répondra, seul, de ses malheurs.

L’Afrique a révélé de par son histoire, de grands hommes qui l’ont marquée par une maîtrise et une promotion de la science et de la technique dont les dirigeants d’aujourd’hui ont du mal à faire montre. Samory Touré, figure légendaire de la résistance anticolonialiste, en est la parfaite illustration. Ses actions devraient servir à inspirer nos présidents actuels. Les chefs d’État africain conviés à Pau par le président français Emmanuel Macron ont tous intérêt à refuser le diktat des grandes puissances pour dessiner l’avenir du continent, comme Samory Touré.

C’est ce courage que doivent avoir nos présidents africains. IBK et ses homologues ont le devoir de dire la vérité à la France, et en refusant de courber l’échine à cette messe de Pau.

Jusqu’à sa mort, Samory Touré a refusé la dépendance, encore moins la captivité. Sa mort, le 2 juin 1900, par suicide et non d’une pneumonie comme l’a laissé entendre le colonialiste, l’atteste. N’ayant pas supporté la déchéance, il a préféré se donner la mort, loin des siens qui l’avaient rejeté ou plutôt n’ont pas pu supporter le rythme de travail qu’il leur avait soumis. Ainsi finissent les visionnaires. À force de vouloir matérialiser leur vision, ils se retrouvent seuls, abandonnés.

L’œuvre de Samory Touré, à l’image de bien d’autres fils d’Afrique, demeure une source intarissable pour IBK et ses pairs. Elle symbolise l’estime et l’élévation de l’être africain au juste niveau de la respectabilité de l’homme noir vis-à-vis du reste du monde, dans un contexte sécuritaire particulier que vivent les pays du Sahel.

Cette œuvre de Samory Touré tendait vers le regroupement de grands ensembles pour la cristallisation des forces et du génie africain, en rejetant la soumission et l’assistanat, source d’aplatissement et de néantisation du Sahélien. En vérité, nos présidents ont juste besoin d’avoir une vision et de croire en leur peuple pour sécuriser durablement le Sahel.

À qui profitent en réalité ces nombreux voyages couteux dans une Afrique malade, affamée et asséchée de ses richesses naturelles ? La solution au terrorisme se trouve en Afrique, dans notre Sahel, en unissant nos forces. L’ennemi, quelles que soient sa taille et sa puissance, ne sera jamais plus fort que le peuple, éternel. Ce n’est pas en occultant la réalité que nous changerons notre situation. Nos chefs d’État en se rendant à Pau, n’ont pas compris la leçon. Ils sont trop loin des réalités si simples des millions d’âmes qu’ils gouvernent.

Henri Levent

Source : LE PAYS

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