Mme Balla Oumou Modibo Diabaté : La dame au grand cœur s’en est allée

Il nous est impossible d’aller à l’encontre de la volonté divine. Bien au contraire, nous nous inscrivons dans l’adoration et la crainte du Tout-Puissant afin d’avoir la force et la sagesse d’accepter la perte des êtres qui nous sont chers (parents, amis et collaborateurs). Mais certains décès sont encore plus ressentis. C’est le cas de Mme Ballo Oumou Modibo Diabaté. Elle a été rappelée à Allah, le Clément et Miséricordieux, dimanche dernier, après une brusque poussée de tension artérielle.

Tous ceux qui l’ont connue vous confirmeront que c’était une intelligence supérieure, une véritable mine d’idées, une femme affable, doublée d’une communicatrice hors pair qui a toujours conseillé ses chefs avec un art consommé de la pédagogie mais surtout avec la franchise requise. Elle avait 64 ans (puisqu’elle est née le 25 juin 1956). Ce qui est énorme à l’échelle d’une vie humaine, même si on aurait souhaité qu’elle vive encore plus longtemps (parce qu’il n’est pas donné à tout le monde de se retrouver à autant de balais). Dans le cœur de l’administratrice sociale couvait l’envie de se former continuellement et de prospecter dans d’autres horizons.

Elle décroche une licence en santé publique en 1983, avant de faire une formation accélérée en information, éducation et communication (IEC) à Liège/Université d’Anvers en 2002. Elle remonte à Dakar (Sénégal) où, elle obtiendra un en 2007, un diplôme d’études en information et communication de l’Institut supérieur des sciences de l’information et de la communication (ISSIC). Ce précieux sésame de journaliste en poche, elle poursuivra sa formation et glanera un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en communication sociale dans le même pays de la Téranga.

Elle a aussi bien servi dans l’administration publique, dans les programmes de santé que dans les organisations non gouvernementales avec compétence, abnégation, don de soi, esprit d’équipe et la même patience d’écoute. Mme Ballo a été chargée du programme IEC au Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) en 1998 puis chargée de communication au niveau de la direction nationale de la santé en 2007. Elle fera un break pour se consacrer à la consultation dans le domaine de la communication sociale dans le Projet RTI, en charge de la pulvérisation intra domiciliaire (PID) dans le cadre de l’initiative du président américain contre le paludisme. Elle occupera ensuite le poste de chef de division formation et communication au niveau de la direction nationale de la population en 2012.

Communicante jusqu’à la moelle des os, la défunte sera conseillère en communication du Projet USAID/Nutrition Hygiène de 2014 à 2015. Enfin, elle occupera le poste de coordinatrice régionale de Koulikoro et du District de Bamako du projet USAID Keneya Jeu Kan (KJK).

Véritable révoltée contre l’afro pessimisme, la dame au grand cœur a tout partagé avec les autres qu’elle aidait à trouver des raisons et des moyens de se battre pour l’excellence. Celle qui était pétrie d’amour, d’humilité, d’abnégation, de sagesse et de bon sens, était simplement le ciment dans les relations sociales et professionnelles dans tous les services publics et dans les organisations non gouvernementales qui l’ont vue passer.

Elle avait la capacité d’unir même les contraires et d’en tirer le meilleur profit au service de la collégialité. Même ceux qui s’employaient à lui tailler des croupières finissaient par comprendre qu’elle était stimulée, dans le bon sens, par l’adversité. Sa joie de vie irradiait. Sur son visage, flottait continuellement un sourire qui trahissait sa bonne humeur. ses collègues ne diront pas le contraire. Eux gardent d’elle l’image d’une collaboratrice joviale, respectueuse mais exigeante avec elle-même et avec les autres, qui a toujours décidé et agi en bonne conscience. Elle était parfaitement à l’aise dans les discussions intellectuelles et n’avait aucune gêne à se rallier aux autres, s’ils développaient des arguments plus convaincants.

Les qualités humaines de Oumou Modibo Diabaté ont été rappelées par une de ses anciennes collaboratrices au PNLP et qui est devenue comme une sœur pour elle, Sitan Traoré. «Elle était profondément humaine, toujours prêtre à se mettre au service des autres et à compatir à leur douleur», témoigne-t-elle. La grande dame s’en est allée, laissant derrière elle son époux et des enfants inconsolables. Les funérailles de la polyglotte (puisqu’elle parlait français, anglais, songhaï et bambara) se sont déroulées lundi et elle repose, désormais, au cimetière de Sabalibougou.

Bréhima DOUMBIA

Source: Journal l’Essor- Mali

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