Il y a 63 ans, à Bamako, disparaissait Mamadou Konaté : «Se battre, lutter, se sacrifier au bénéfice du groupe», disait Konaté

Pour le repos de l’âme de Mamadou Konaté, homme d’Etat franco-soudanais disparu le 11 mai 1956, et de celle de tous les défunts de la fratrie Konaté, l’Association Mamadou Konaté (AMK) a organisé la lecture du Saint Coran samedi 11 mai dans la famille Konatela à Bamako Coura.

Fidèles aux valeurs de solidarité de leur défunt parrain, les membres de l’Association ont procédé dimanche 05 mai à la remise de vivres à des déplacés maliens ayant fui devant l’insécurité qui sévit au centre du pays pour se réfugier à Faladié, en banlieue de Bamako.

Diplômé de la célèbre École Normale William Ponty d’où il sortit major en 1919, Mamadou Konaté a servi comme instituteur à Bamako, Mopti (Diafarabé), Kolokani, avant de créer en 1933 l’École rurale de Bamako qu’il dirigera pendant treize années jusqu’en novembre 1946.

Mamadou Konaté et Modibo Keita créent en 1945 le Bloc soudanais qui deviendra l’Union soudanaise, future section du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) dont le congrès constitutif, rassemblant 800 délégués venant de l’Afrique Occidentale Française (AOF) et de l’Afrique Equatoriale Française (AEF), se tient le 18 octobre 1946 à Bamako avec la participation particulièrement remarquée de Félix Houphouët-Boigny, futur président de la Côte d’Ivoire.

Généreux et avide de justice sociale, Mamadou Konaté, élu en janvier 1956 député à l’Assemblée nationale française dont il sera désigné vice-président, s’investira avec passion dans l’émancipation des populations africaines et de l’Océan indien.

Tout au long de sa vie, ses convictions politiques et humanistes trouvent leur éloquente illustration dans ses déclarations, comme en témoigne celle-ci : «Il est essentiel de ne pas se complaire égoïstement dans la seule satisfaction de ses besoins matériels. L’aspect civique et moral, la dignité, l’honneur doivent nécessairement avoir le pas sur la vile satisfaction des besoins matériels. Se battre, lutter, se sacrifier au bénéfice du groupe. Lorsque la cause est juste, la foi, le courage, la détermination ne peuvent pas échouer».

Lors des funérailles de Mamadou Konaté à Bamako en mai 1956, le gouverneur Lucien Geay du Soudan français le dépeint ainsi : «Aimé et respecté de ses mandants qui sans cesse lui manifestaient leur plein et confiant attachement, Mamadou Konaté s’était, dès son entrée à l’Assemblé nationale, fait remarquer par ses pairs pour sa droiture, son sens élevé de la justice, sa franche lucidité, son honnêteté scrupuleuse. La calme dignité qu’il apportait dans son intervention jointe à ses qualités intellectuelles et morales, l’avait fait désigner rapidement comme un homme dont l’avis comptait le plus».

Bamako – 11 mai 2019

Source : communiqué de presse de l’Association Mamadou Konaté (AMK)

Source: Le Reporter

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