Vives tensions au Burkina Faso après le coup d’Etat

Tandis que les putschistes tentent d’asseoir leur pouvoir, les manifestations se multiplient

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Le Burkina Faso était en ébullition vendredi, au lendemain de la prise de pouvoir du général Gilbert Diendéré. Alors que le chef des putschistes et ancien bras droit de l’ex-président Blaise Compaoré, tentait d’asseoir son pouvoir et s’entretenait avec les présidents sénégalais Macky Sall et béninois Thomas Boni Yayi, les protestations contre le coup d’Etat se multipliaient à travers le pays.

«Des manifestants ont monté des barricades dans divers quartiers de Ouagadougou et dans de nombreuses villes. Ils coupent les grandes artères et organisent des actions de guérilla urbaine. Il y a un rejet général du coup d’Etat. Tous les partis et les syndicats l’ont condamné. Mais des soldats du SRP (le Régiment de la sécurité présidentielle, qui a commis le putsch) tournent dans des pick-up et tirent à balles réelles», raconte au téléphone le journaliste Jean Victor Ouedraogo. En fond sonore de la conversation avec le reporter de la Radio nationale, on distingue en effet des coups de feu. Et sur Twitter, de nombreux manifestants publient des images de protestataires blessés par balle.

Michel Kafando et deux ministres libérés

En «signe d’apaisement», les putschistes ont annoncé jeudi qu’ils avaient «libéré» le président de transition Michel Kafando et deux de ses ministres, retenus depuis mercredi soir. Ils ont par contre maintenu le premier ministre et lieutenant-colonel Isaac Zida «en résidence surveillée». La libération effective de Michel Kafando était cependant réfutée. «Ils l’ont sorti de la salle où ils le détenaient depuis mercredi, mais ils le gardent sous surveillance dans un autre bâtiment officiel, explique Jean Victor Ouedraogo. En fait, ils l’ont juste déplacé.»

Les dirigeants du SRP, l’ancienne garde prétorienne de l’ex-président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir par un vaste mouvement de protestations en octobre 2014 après 27 ans à la tête du pays, ont justifié le coup d’Etat par les «mesures d’exclusion prises par les autorités de transition». Ils faisaient ainsi référence à un nouveau code électoral interdisant aux partisans de Compoaré de concourir à la présidentielle prévue pour le 11 octobre.

Coup d’Etat largement dénoncé

Les intentions «démocratiques» des putschistes n’ont cependant pas convaincu grand monde. Et presque toute la communauté internationale a condamné le coup d’Etat.

La veuve de Thomas Sankara, l’ancien président du Burkina Faso tué en 1987, a par ailleurs révélé que les résultats de l’enquête sur la mort du charismatique révolutionnaire devaient être communiqués ce jeudi 17 septembre aux parties civiles. Une réunion suspendue à cause du coup d’Etat. Or, le général Gilbert Diendéré, «était à l’époque le responsable de la sécurité et des commandos de militaires», a expliqué Mariam Sankara. «On pense qu’il est impliqué dans l’assassinat du président Sankara. Juste au moment où on reçoit la convocation, il y a ce coup de force. Je n’ai pas de preuve, mais c’est une drôle de coïncidence quand même!»

La Commission nationale de réconciliation et des réformes avait en outre recommandé lundi dernier la dissolution du RSP. (24 heures)

(Créé: 18.09.2015)

 

Source: 24heures

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