Soudan: des étudiants arrêtés dans le bureau de leur avocat

Amnesty International appelle les autorités au Soudan à libérer les étudiants que les services de sécurité ont arrêtés chez leur avocat la semaine dernière. Une dizaine de personnes se trouvaient dans son cabinet à Khartoum pour porter en appel la décision de l’université de Khartoum de les expulser. Des grèves et manifestations qui ont coûté la vie à un étudiant jusqu’à maintenant ont récemment paralysé cette faculté.

Soudan image

Walaa Salah est la sœur d’un des étudiants arrêtés, Badr Eldin Salah, le porte-parole du Front démocratique, une association estudiantine. Elle revient sur le déroulé des événements. « Il a été arrêté une première fois le 15 avril à l’hôpital de Khartoum où il rendait visite à l’un des étudiants qui avaient été blessés dans une manifestation. Mon frère a été détenu pendant dix jours. On n’a pas eu le droit de le voir. On n’a pas eu le droit de lui amener à manger. Et quand il a été relâché, on a vu qu’il avait été torturé. Après cela, il a été renvoyé de l’université de Khartoum, avec 17 autres étudiants. Ça, c’était le 3 mai », rappelle-t-elle.

Et de poursuivre : « Deux jours plus tard, le 5, lui et quelques autres sont allés voir un avocat pour en appeler de leur renvoi de l’université. C’est alors que les forces de sécurité ont attaqué le cabinet de l’avocat. Ils ont battu quelques étudiants sur place et ont embarqué tout le monde. On n’est toujours pas autorisé à voir mon frère. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il est détenu par le Service national du renseignement et de la sécurité », affirme-t-elle.

Nabil Adib, avocat et militant des droits de l’homme, est bien connu au Soudan. Fin avril, un étudiant avait été tué par balle lors d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité soudanaises. Les étudiants réclamaient la libération de leurs camarades arrêtés lors de précédentes manifestations dans des universités.

« Mon frère croit, comme d’autres, que même s’il a déjà été torturé, il leur appartient de redescendre dans la rue, ils sont persuadés qu’ils doivent le faire, que quelqu’un doit le faire, que quelqu’un doit résister, explique Walaa Salah. Qui s’attend à se faire arrêter dans le cabinet de son avocat ? Le message de l’Etat était clair : il ne s’agit pas d’un Etat de droit. C’est du grand n’importe quoi. C’est le chaos. C’est justement ce qui pousse les étudiants à manifester. Pour nous, c’est douloureux. Surtout quand ils sont relâchés et que nous constatons qu’ils ont été torturés. Mais nous les soutenons. Dans notre famille, nous partageons tous les mêmes valeurs, y compris nos parents, qui sont, eux aussi, des militants. Nous nous soutenons les uns les autres. C’est ce qui nous permet d’aller de l’avant. »

Le sort des étudiants arrêtés restait lundi soir inconnu.

 

Source: RFI

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *