Sénégal : mort du ministre Amath Dansokho, ex-figure majeure de l’opposition

Responsable de la coalition au pouvoir, il était un allié du président Macky Sall, au pouvoir depuis 2012. Il avait 82 ans.

Le ministre Amath Dansokho, figure majeure de la vie politique sénégalaise depuis plus de 60 ans, opposant aux présidents Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, est mort dans la soirée du vendredi 23 août à Dakar. Né le 13 janvier 1937 à Kédougou, dans le sud-est du pays, il est décédé à 82 ans des suites d’une maladie, rapportent plusieurs médias publics et privés citant des membres de son entourage.

Responsable de la coalition au pouvoir, cet homme qui a pendant de nombreuses années dirigé le Parti de l’indépendance et du travail (PIT), une formation qui se réclamait du communisme, était un allié du président Macky Sall, au pouvoir depuis 2012. Le chef de l’Etat a salué « un grand combattant de la liberté, de la démocratie et du progrès des peuples ».

M. Dansokho « aura été de tous les combats et marqué notre histoire politique et sociale contemporaine pour son rôle éminent et historique de lien entre plusieurs générations d’acteurs politiques, de grand rassembleur infatigable », a dit M. Sall dans un communiqué.

« De toutes les luttes pour la démocratie »

« C’est un baobab qui vient de tomber, un homme qui a été de toutes les luttes pour la démocratie et les libertés fondamentales », a estimé sur Twitter le défenseur des droits de l’homme et personnalité de la société civile Alioune Tine. « C’était un grand patriote qui pendant toute sa vie a été au service du Sénégal et de l’Afrique », a témoigné l’ex-premier ministre et opposant Idrissa Seck.

M. Dansokho a été membre du Parti africain de l’indépendance (PAI) qui fut la première formation communiste des colonies françaises d’Afrique noire, avant d’en démissionner pour créer avec d’autres camarades le PIT. Cet ancien maire de Kédougou et député à l’Assemblée nationale était réputé pour son franc-parler et son courage politique.

 

Homme politique et syndicaliste, il a été plusieurs fois emprisonné et a connu pendant de nombreuses années l’exil sous le président Senghor (1960-1980), séjournant dans des pays africains et de l’ex-bloc de l’Est. Il s’est également opposé aux présidents Diouf (1981-2000) et Wade (2000-2012), qui l’ont nommé ministre avant de le limoger après ses critiques contre leur gestion.

Source: https://www.lemonde.fr/

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