RETROSPECTIVE : DISCOURS Du DOCTEUR ASAGYESFO KWAME NKRUMAH PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU GHANA AU SOMMET DE L’OUA le 24 MAI 1963 (12IEME PARTIE)

plusieurs années à Philadelphie, l’un des délégués fit vibrer la première corde d’unité en déclarant qu’ils se réunissaient dans « l’état de nature ».

kwame nkrumah ghana ancien president

En d’autres termes, il ne se trouvait pas à Philadelphie en qualité de Virginiens ou de Pennsylvaniens, mais bien d’Américains représentaient à cette époque une nouvelle et étrange expérience. Puis-je me permettre d’attester également aujourd’hui, Excellences, que nous ne sommes pas réunis en qualité de Ghanéens, de Guinéens, d’Egyptiens, d’Algériens, de Marocains, de Maliens, de Libériens, de Congolais ou de Nigériens, mais en qualité d’Africains.

Ce sont des Africains qui se trouvent réunis dans le ferme propos de rester rassemblés jusqu’à ce qu’ils aient décidé entre eux quelles sont les garanties qu’un nouvel accord de gouvernement continental peut leur assurer actuellement et dans l’avenir. Si nous réussissons à mettre sur pied une nouvelle série de principes comme base d’une nouvelle charte ou d’un statut portant création de l’unité continentale de l’Afrique et d’un progrès social et politique pour nos peuples, alors, à mon avis, notre conférence doit sonner la fin de nos divers groupes et blocs régionaux.

Mais si nous échouons et si nous laissons s’écouler cette noble et historique  occasion qui nous est offerte, nous déclencherons alors un renforcement de dissension et de division que le peuple africain ne nous pardonnera jamais. Nous serions condamnés par les forces et les mouvements populaires et progressistes qui existent à l’intérieur de l’Afrique.

Aussi, suis-je certain que nous n’allons pas décevoir ces espérances. Excellences, si j’ai parlé un peu longuement, c’est parce qu’il est nécessaire que nous expliquions la situation réelle, non seulement à chacun de ceux qui sont présents ici, mais aussi aux peuples qui nous ont confiés le sort et la destinée de l’Afrique. Nous ne devons donc pas partir d’ici tant que nous n’aurons pas mis sur place tout un mécanisme efficace pour la Réalisation de l’Unité africaine.

A cette fin, je propose à votre examen les mesures suivantes : Comme première démarche, une déclaration des principes qui nous unissent et qui nous lient, à laquelle nous devrons tous adhérer fidèlement et loyalement et qui posera les fondations de l’Unité. Nous devons également une déclaration officielle, aux termes de laquelle les Etats indépendants d’Afrique décident eux-mêmes et dès maintenant la création d’une Union des Etats africains »

Extraits  choisis par Youssouf Sissoko

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