RCA: pour MSF, «on doit trouver une façon d’effacer la violence»

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En Centrafrique, dans la préfecture de l’Ouam et notamment dans les villes de Bossangoa et Bouca, on assiste à un exode massif de population musulmane fuyant les violences des groupes armés. Entre 4 000 et 7 000 musulmans auraient fui la région pour aller vers le Tchad ou au Cameroun. Une situation d’exode qui inquiète les humanitaire et notamment Médecins sans Frontière. Par ailleurs, MSF dénonce un niveau de violence inouï en RCA et « la haine et l’acharnement à tuer » de certains groupes armés. MSF demande à la Communauté internationale de s’impliquer encore plus pour protéger les populations civiles, comme l’explique l’un de ses responsables, Sylvain Groult, au micro d’Olivier Rogez.

MSF alerte sur un exode massif des populations musulmanes, notamment dans la région de Bossangoa ?

Sylvain Groult : Cet exode malheureux se passe non seulement à Bossangoa, mais aussi dans d’autres localités comme Bouca et plusieurs villes qui se retrouvent le long de la frontière avec le Cameroun, dans l’ouest du pays. C’est quelque chose qui est incroyable à voir. Alors que depuis des mois, Médecins sans Frontières travaille dans l’arrière province et voit la fluctuation des déplacements massifs de centaines de milliers de personnes fuir dans la brousse. Maintenant, c’est un peu le revers de la médaille, avec une autre communauté qui se voit maintenant persécutée, forcée à fuir cette violence, mais également à fuir dans des terres qui leur sont généralement inconnues.

A Bossangoa, il y avait notamment un regroupement de 4 000 personnes environ de confession musulmane, et ces personnes auraient toutes quitté la ville ?

C’est l’estimation que l’on a effectivement et toutes ces personnes sont parties. On peut aussi parler de la ville de Bouca où il y avait environ 1 000 personnes de confession musulmane. Le dernier camion est parti, il y a deux jours.

Face à cette violence, vous demandez, MSF, une plus forte implication de la communauté internationale ?

C’est une situation relativement unique et ça nous inquiète énormément parce que l’on continue à recevoir des blessés, non seulement de violence par balles ou par des éclats de grenade, mais aussi des gens qui arrivent découpés par des machettes, blessés par des couteaux. C’est vraiment des scènes horribles que nos équipes ont constatées. Et c’est également très difficile pour la population d’assister à ce degré de violence qui sévit en toute impunité actuellement. On doit trouver une façon d’effacer cette violence. Des forces supplémentaires sont nécessaires pour aider. Ce n’est pas la solution absolue. Les solutions nécessaires qui sont à multifacettes comme du point de vue des communautés religieuses qui se mettent ensemble. Mais quelque doit être fait parce que la situation devient vraiment catastrophique.

rfi

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