RAPPORT SAVOY-SARR SUR LA RESTITUTION DES OBJETS D’ART AFRICAIN : Le Mali compte un millier d’objets dans les collections publiques françaises

Le discours du président français tenu à Ouagadougou le 28 novembre 2017 voit petit à petit sa concrétisation avec le rapport de Savoy-Sarr rendu à Macron le vendredi 23 novembre dernier. Ce rapport précise que le Mali possède un millier d’objets dans les collections publiques françaises.

Depuis la remise de ce rapport le 23 novembre 2018 par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy à Emmanuel Macron, les débats ne connaissent plus de répits autour de la restitution des objets d’art africains. Au total, moins de 90 000 objets repartis entre plusieurs collections publiques françaises. Au musée du Quai Branly-Jacques Chirac se trouveraient moins de 70 000 objets, dont 46 000 restituables.

Selon ce rapport intitulé « Rapport sur la restitution du patrimoine culturel africain. Vers une nouvelle éthique relationnelle », le Mali a été dépossédé d’un millier d’objets spoliés durant la conquête de Ségou par le colonel français Louis Archinard. Parmi ces objets d’art maliens se trouvant dans les collections publiques françaises, on compte des objets précieux, des bijoux, des armes ainsi que des manuscrits appartenant au palais royal de Ségou, indique le rapport.

Ces objets, toujours selon le rapport Sarr-Savoy, sont repartis entre le musée de l’Armée française, le musée du Quai Branly-Jacques Chirac où on compte 129 pièces, à la Bibliothèque nationale de France où résident 518 volumes et au muséum d’histoire naturelle du Havre. « Depuis 1994, les descendants d’El Hadj Omar revendiquent le retour de ces objets », indique le rapport. Cette vaste spoliation a eu lieu en 1890.

A ces objets du royaume Bamanan de Ségou, s’ajoutent ceux du Wassoulou, notamment du farouche résistant à la pénétration coloniale, Samory Touré, en 1898. Arrêté et déporté au Gabon par le général français, Henri Gourauld, où il va rendre l’âme deux ans après, Samory a été dépossédé de maints de ses objets. Le « trésor de Samory » est évalué, selon ce rapport, à 200 000 ou 300 000 francs de l’époque. Dans ses notes, le Général indique : « Avec le trésor partent les souvenirs de Samory destinés d’une part au musée de l’Armée, la selle, le sabre, le bonnet de guerre de l’almamy, un de ses fusils […], des dialas, les colliers de Saranké Mory et d’Ahmadou Touré, des bagues bizarres, un porte-allumettes et surtout le boubou de guerre de Saranké Mory, riche pièce. D’autre part, nous envoyons au général de Trentinian la hache de guerre, le chasse-mouches formé d’une queue d’éléphant engainée d’argent et le sabre que m’avait remis Sarankégny Mory au moment de sa reddition. Ces pièces sont aujourd’hui conservées pour partie au musée de l’Armée. Elles ont fait l’objet d’une « visite » de reconnaissance du marabout Cheikh Ousmane Badji à la fin des années 1960 », mentionne-t-on dans ledit rapport.

Le rapport précise les objets d’art malien restituables. Ils sont notamment : le masque Zoomorphe Ciwara Kun, masque et poitrine postiche de jeune fille, masque anthropomorphe Satimbe, mère des masques Imina na, objet cultuel composite, Boli, masque Sim, masque Sim Kalama Nãngala.

Le but de cette mission, n’étant nullement de vider les musées français, se déroulera par étape. Ainsi, précise-t-il, pour le retour de ces objets, un dialogue serein sera institué avec le directeur du musée national du Mali et les autorités maliennes afin de définir les objets qui seront retournés en priorité. Faudrait-il préciser également que des conditions doivent être mises en place pour le retour de ces objets sans risque.

Fousseni TOGOLA

Source: Le Pays

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