Procès de Pascal Simbikangwa: la cour se penche sur le contexte historique

Dessin représentant accusé Pascal Simbikangwa audience procès génocide rwandais Paris

Début, ce lundi 10 février, de la deuxième semaine d’audience à Paris du procès du Rwandais Pascal Simbikangwa. Il est poursuivi pour crimes liés au génocide de 1994. Ce lundi matin, les historiens se sont succédé à la barre pour évoquer le contexte du génocide et notamment sa propagande.

Aux yeux des historiens, pas de génocide sans une « bonne administration » et sans « une bonne propagande ». La clé de voûte de la propagande anti-Tutsi, c’est la radio RTM, la Radio des Mille Collines, dont l’accusé Pascal Simbikangwa est l’un des fondateurs, l’un des actionnaires. Créée pour concurrencer la radio nationale rwandaise jugée trop modérée, cette antenne va très vite devenir l’un des instruments les plus efficaces du génocide.

La Radio des Mille Collines qui émet exclusivement en kinyarwanda, la langue rwandaise, va au fil des mois distiller une propagande lancinante, moderne et organisée, note le chercheur Jean-Pierre Chrétien. Les Tutsi y sont traités de cafards et les Hutu modérés sont leurs complices. Cela procède d’une mise en condition, une première mondiale. Même les nazis, souligne l’historien Jacques Semelin, n’en ont pas fait autant.

Paroles d’une rare violence

Sur l’antenne tout se fait par des images, ajoute le chercheur André Guichaoua. Exemple, on va parler d’opération insecticide ou de faire du débroussaillage. Inlassablement, on évoque l’akantou, la petite chose qui va se passer.

En avril 1994, l’antenne est d’une violence effrayante, notent les historiens. La radio se définit comme étant l’état-major des paroles. Elle va même jusqu’à dénoncer les génocidaires qui, à ses yeux, ne se montrent pas suffisamment efficaces.

rfi

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