Présidentielle en RDC: Kabila va s’exprimer sur la candidature de sa plateforme

En République démocratique du Congo, la date limite du dépôt des candidatures pour la présidentielle de la fin de l’année est fixée à ce mercredi 8 août. On ne connaît toujours pas le candidat de la majorité pour ce scrutin du 23 décembre. Le président Kabila a réuni sa plateforme électorale, le Front commun pour le Congo. Il a toujours maintenu le flou sur une potentielle candidature et doit s’exprimer cet après-midi.

Alors que chacun s’attendait à ce que ce suspense soit gardé jusqu’au bout, soit la fermeture du bureau d’enregistrement des candidatures demain dans l’après-midi, hier en fin de soirée tout s’est semble-t-il accéléré.

Les ministres du gouvernement ont été convoqués dans la ferme personnelle de Kingakati, en banlieue de Kinshasa, pour 15 heures aujourd’hui. Là, où il y a une dizaine de jours, le président Kabila a donné le coup d’envoi des consultations devant aboutir à la désignation d’un candidat unique pour le Front commun pour le Congo. Et plusieurs sources assurent désormais que le nom de ce candidat sera rendu public aujourd’hui.

Le président, lui, est annoncé en début d’après-midi à Kingakati. Ce matin encore, il présidait à Kinshasa une cérémonie de prestation de serment du nouveau chef d’état-major général. Il doit également recevoir sous peu les cadres de la majorité présidentielle.

C’est l’expectative la plus totale, chacun y allant de son pronostic car le secret a pour le moment été bien gardé sur le nom d’un éventuel dauphin. Tout juste sait-on que parmi les regroupements du Front commun, qui ont dû soumettre quatre noms de potentiels candidats au chef de l’Etat, beaucoup ont dit plus ou moins ouvertement avoir mis son nom, celui de Joseph Kabila sur cette liste, soit par conviction, soit parce qu’ils ont poursuivi l’exercice de ces consultations comme un test de fidélité, tandis que dans l’entourage proche du président, on ne cesse depuis des semaines de jurer qu’en dépit des mauvaises langues, le chef de l’Etat tiendra bel et bien à son engagement de respecter la Constitution.

Les réactions internationales se multiplient

Le président de la commission de l’Union africaine, Moussa Faki, a dit hier suivre de près cette phase de dépôt des candidatures. Le diplomate tchadien a déclaré noter « avec satisfaction la réaffirmation par le président Joseph Kabila, lors de son message à la nation du 19 juillet 2018, de la tenue des élections à la date prévue et de son engagement concernant le respect de la Constitution ».

Moussa Faki n’est pas allé plus loin. Pour ce qui est de l’avenir politique de Joseph Kabila, plusieurs sources au sein de l’Union africaine disent ne pas croire en une nouvelle candidature du chef de l’Etat congolais, même si elles assurent que la prudence est de mise jusqu’au bout. En revanche, le président de la commission de l’Union africaine a insisté sur un certain nombre de conditions qui doivent être réunis pour rendre le résultat d’une quelconque élection, avec ou sans Joseph Kabila, crédible, notamment l’inclusivité du processus et le respect des droits de l’homme.

Cette déclaration a été immédiatement suivie d’une autre, communiqué de l’Union Européenne, en « appui » à l’appel lancé par Moussa Faki. L’UE rappelle aussi l’importance de respecter l’accord de la Saint-Sylvestre, y compris les mesures de décrispation. Seule la conférence épiscopale ose citer un nom, celui de Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga qui n’a toujours pas pu ni rentrer dans son pays, ni a fortiori déposer sa candidature. L’ONG américaine Human Rights Watch croit savoir que de nouvelles sanctions sont prévues en cas de candidature de Joseph Kabila, notamment des sanctions contre les membres de sa famille.

RFI

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