Lutte contre le coronavirus en Afrique : les opérations de paix de l’ONU montrent l’exemple

Plusieurs missions de paix des Nations Unies en Afrique ont pris des mesures pour limiter le risque de propagation du Covid-19 et se sont engagées dans des campagnes de prévention et de sensibilisation face à la menace du coronavirus.

« Je ne suis pas trop tweet », a confessé Mahammat Saleh Annadif, le chef de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA). Contrairement à ses homologues chefs d’opérations onusiennes en République démocratique du Congo (RDC) et en République centrafricaine (RCA), celui qui est Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Mali n’a pas de compte sur Twitter.

Mais samedi dernier, le Secrétaire permanent du G5 Sahel (Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) et ancien chef de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO), Maman Sidikou, a interpellé sur le réseau social le chef de la MINUSMA pour relever le défi du #SafeHandsChallenge – une campagne lancée sur les médias sociaux pour encourager les gens à se laver les mains afin de lutter contre le risque de propagation du coronavirus.

Mardi, M. Annadif s’est prêté au défi, en publiant sur le compte Twitter de la MINUSMA une vidéo le montrant en train de se laver les mains. « Un simple geste peut faire la différence et sauver des vies », a déclaré dans la vidéo le Représentant spécial. « C’est une pandémie à prendre très au sérieux et je ne souhaite pas que cela arrive au Mali », a déclaré M. Annadif.

A ce jour, le Mali ne compte pas de cas confirmé de Covid-19 mais le virus n’a pas épargné l’Afrique. Selon le dernier décompte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en date du 24 mars, plus de 1.815 cas ont été recensés sur le continent africain.

Le chef de la MINUSCA en quarantaine et en télétravail

En République centrafricaine (RCA), où l’ONU est également présente avec une opération de paix, quatre personnes contaminées au Covid-19 sont actuellement isolées dans un centre de traitement dans la capitale Bangui.

« Elles se portent bien », a indiqué mardi le bureau de l’OMS dans le pays sur son compte Twitter, précisant que 725 personnes exposées dont les contacts identifiés des quatre personnes sont en quarantaine. « Certaines ne la respectent pas ! », a toutefois déploré l’OMS.

Le chef de la mission de l’ONU en République centrafricaine (MINUSCA), Mankeur Ndiaye, tout comme son adjointe, Denise Brown, se sont également mis en quarantaine. Mardi, les hauts responsables de la MINUSCA ont tenu leur réunion hebdomadaire en visioconférence pour limiter tout risque de contamination.

« La situation est critique et nous concerne tous », avait déclaré vendredi M. Mankeur dans un message vidéo adressé au personnel de l’ONU en RCA publié sur Facebook.

En RCA, la composante police (UNPOL) de la MINUSCA est en contact avec la population et son personnel est déployé auprès des équipes de police et de gendarmerie centrafricaines.

UNPOL a donné plusieurs kits de lavage des mains à plusieurs commissariats de police et brigades de gendarmerie. « Plusieurs équipes de terrain (…) ont aidé à sensibiliser les usagers sur le respect des mesures sanitaires du gouvernement centrafricain », a expliqué Pascal Champion, chef de la composante police de la MINUSCA sur Twitter.

RDC : campagne de sensibilisation au Sud-Kivu et mesures de précautions en Ituri

En République démocratique du Congo (RDC), où l’ONU dispose de sa plus importante mission de paix, 45 cas de Covid-19 ont été recensés dans la capitale Kinshasa, dont deux décès et trois guérisons, a indiqué mardi le bureau de l’OMS dans le pays, citant des chiffres de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB). La veille, le Ministère congolais de la santé a lancé une campagne de sensibilisation à Kinshasa.

La MONUSCO est également mobilisée pour combattre le coronavirus. Dans la capitale Kinshasa, le site UTEX abrite les bureaux de la MONUSCO et de plusieurs agences onusiennes. Les visiteurs entrant sur le site sont soumis à des contrôles de températures. « La MONUSCO prend toutes les précautions nécessaires pour éviter la propagation du Covid-19 », a souligné vendredi la mission onusienne sur Twitter.

Dans la lutte contre le coronavirus, la MONUSCO est aux côtés des autorités et de la population congolaises. La mission a ainsi lancé une campagne de sensibilisation dans l’est du pays. A Uvira, dans la province du Sud-Kivu, des Casques bleus pakistanais ont établi une salle de quarantaine pour traiter tout cas potentiel de Covid-19.

Dans la province de l’Ituri, les Casques bleus montrent l’exemple en procédant au lavage des mains, à des restrictions des mouvements, en respectant des mesures d’éloignement social et en préparant des salles d’isolement. Des actions de sensibilisation sont menées auprès du personnel civil et en uniforme de la MONUSCO. « Les agents des Nations Unies doivent se protéger et protéger leurs familles et les partenaires avec lesquels ils travaillent pendant cette période difficile de la pandémie, tout en exécutant le mandat de la Mission », a expliqué Cecilia Piazza, cheffe du bureau de la MONUSCO en Ituri.

Les missions onusiennes prennent la pandémie au sérieux

Personnel civil en télétravail, déplacements réduits au minimum, contrôles de température à l’entrée des bases, suspension de la rotation des contingents, installation de points de lavage des mains à l’entrée des bureaux : les missions de paix des Nations Unies prennent toutes les précautions pour contenir et prévenir la propagation du coronavirus dans les pays où ils opèrent.

Les chefs des missions onusiennes ont demandé à leur personnel de se plier aux directives émises par les autorités des pays hôtes et l’OMS pour limiter le risque de propagation du coronavirus : les membres du personnel sont en auto-isolation pour une durée de 14 jours à leur retour depuis l’étranger. Les missions ont également annulé ou reporté un nombre important de réunions, événements et déplacements considérés comme non essentiels.

La pandémie de Covid-19 n’épargne aucun pays et aucun continent et surtout pas les plus pauvres et plus vulnérables. La semaine dernière, le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait appelé l’Afrique « à se réveiller » face à la menace du coronavirus, rappelant que les pays avec de faibles infrastructures de santé sont les plus menacés.

M. Annadif a bien résumé la situation. « Au Mali, on se croit immunisé mais il faut comprendre que cela n’arrive pas qu’aux autres. C’est une pandémie sans précédent qu’il faut prendre avec beaucoup de sérieux », a rappelé le chef de la MINUSMA. « Il vaut mieux prévenir que guérir ».

 

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