Loi anti-terroriste au Kenya : la justice suspend plusieurs articles

Au Kenya, la justice a finalement suspendu les articles clés d’une loi antiterroriste très conversée. Le gouvernement kenyan défendait bec et ongles ce texte, indispensable selon lui pour se protéger de la menace des islamistes shebab. Mais les mesures répressives proposées étaient considérées comme liberticides par l’opposition et les défenseurs des droits humains. La justice les a entendus.

police surveille lieux attentat cote kenya groupes shebab

Le juge de la Haute cour a suspendu 8 sections de cette loi, «en raison, dit-il, de risques pour les droits de l’homme». Parmi les passages de la loi bloqués, une mesure emblématique : celle qui rendait passible de trois ans de prison et de 55 000 dollars d’amende, la publication sans autorisation d’articles ou de reportages qui « gênent l’enquête ou des opérations de lutte contre le terrorisme ».

Autre mesure suspendue, celle qui donnait plus de latitude aux forces de police pour pratiquer les écoutes téléphoniques. Ou une troisième encore qui limitait à 150 000 le nombre de réfugiés autorisés à vivre au Kenya alors qu’ils sont 600 000 aujourd’hui. C’est l’opposition qui avait saisi le tribunal. Depuis plusieurs semaines, elle dénonce avec des militants des droits de l’homme une loi liberticide, mettant en place un « Etat policier ».

Le leader de l’opposition, Raila Odinga, s’est donc félicité de cette décision de la Cour qui selon lui « marque un grand jour pour le Kenya ». Au Parlement, la loi avait donné lieu à des débats houleux, mais avait finalement été adoptée le 18 décembre. La décision de la Haute cour est donc un coup d’arrêt pour le président Kenyatta, qui défendait un texte destiné, expliquait-il à protéger les civils. Le projet de loi avait en effet été présenté après une nouvelle série d’attaques meurtrières des islamistes shebab fin novembre et début décembre, au nord-est du Kenya, dans la région de Mandera.

 

Source: RFI

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.