Libye : l’Egypte attaque, l’Italie menace

L’Egypte a décidé d’intervenir militairement en Libye suite à l’assassinat de plus de 20 de ses citoyens. L’Italie menace elle aussi.

chef armee egyptienne marechal abdel fattah al sissi

C’est un weekend qui marque probablement un tournant. Le ministre des Affaires étrangère italien, Paolo Gentiloni a déclaré que son pays était prêt à attaquer la Libye pour contrer « la menace terroriste active ». Si il a fait mention de l’obligation de s’inscrire dans un cadre légal par le biais d’une résolution à l’ONU, cette déclaration vient bousculer les chancelleries occidentales qui attendent depuis des mois, partagées entre l’idée d’intervenir de nouveau et celle de régler pacifiquement un conflit qui de toutes évidences est en train de s’enliser. Alors que pour le moment les Nations-Unies tentent de trouver une sortie de crise avec les principaux interlocuteurs libyens, il est très peu probable que la paix puisse être signée dans les prochaines semaines. Pendant que les milices et le gouvernement légal s’affrontent, l’Etat islamique en profite pour tisser sa toile. Une progression que Rome veut absolument briser.

L’Italie est effectivement en première ligne depuis la chute de Kadhafi. Elle doit faire face à un afflux de réfugiés clandestins sans équivalent dans l’Histoire récente. L’an dernier plus de 200 000 personnes ont traversé la Méditerranée et cette année 2015 risque d’être marquée par un nouveau record si rien n’est fait. Outre des libyens qui fuient leur pays en proie à la rébellion, il y a également des syriens et des migrants de plusieurs autres nationalités qui tentent la traversée. Ils savent que le contexte actuel en Libye facilite le départ depuis les côtes du pays puisque Tripoli n’a pas les moyens de surveiller des centaines de kilomètres. Ce weekend, encore, plus de 2000 personnes ont été sauvées au large.

L’Egypte attaque

Depuis plusieurs mois la France, les Etats-Unis ou encore l’Algérie affirment qu’une intervention n’est pas à l’ordre du jour mais qu’une résolution pacifique est possible. Hors le pavé jeté dans la marre par l’Italie vient contredire leurs propos. Dans le même temps, l’Egypte qui jusqu’ici était restée très discrète sur le sujet, même si certains l’accusent de bombarder les milices de temps à autres a haussé le ton puis décidé d’attaquer. Dimanche, l’Etat islamique a tué plus d’une vingtaine de ses ressortissants au motif qu’ils étaient chrétiens et également parce qu’ils considèrent le régime d’Abdel Fattah al-Sissi comme illégal.

Le chef de l’Etat avait été très clair et avait prévenu que les terroristes allaient payer. Une allusion à peine voilée au fait que les possibilités d’intervention militaire étaient de plus en plus grandes. Si l’Italie a prévenu que rien ne se ferait pour sa part sans aval de l’ONU, Le Caire a beaucoup moins de mal à déclarer la guerre sans autorisation. Les autorités ont mis en avant le fait que l’Egypte est directement menacée et ont agité les exécutions comme preuves crédibles de cette menace.

Une intervention militaire de grande ampleur ne fait aujourd’hui plus aucun doute. Reste désormais à savoir quand elle interviendra. Si les occidentaux attendront d’obtenir l’autorisation de l’ONU, Abdel Fattah al-Sissi pourrait bien, en plus des frappes ciblées, lancer une très vaste opération.  Cette nouvelle donne pourrait aussi bousculer le calendrier. Les Nations-Unies seront alors obligées d’agir vite pour qu’une coalition se mette en place et que Le Caire ne combatte pas seul les terroristes.

La rédaction

 

Source:  afriqueinside.com

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