Libye : fallait-il renverser Kadhafi ?

La déliquescence de l’État libyen et la dissémination du terrorisme dans la région relancent le débat sur l’opportunité de l’intervention de l’Otan contre l’ex-“Guide” de la Jamahiriya.

ancien president lyben mouammar kadhafi

La Libye de 2014 offre le spectacle d’un chaos inextricable. Le pays a basculé dans une guerre civile qui ne dit pas sans nom. En Cyrénaïque, l’opération Dignité, lancée par le général à la retraite Khalifa Haftar, sauveur autoproclamé, contre les jihadistes est loin d’être un succès. À Tripoli, les milices de Zintan et de Misrata, hier alliées contre Kadhafi, se livrent une bataille acharnée pour le contrôle de l’aéroport international. Le gouvernement est totalement impuissant, l’armée et la police sont à l’agonie. Les espoirs de la Libye libre de 2011 se sont évaporés. Du coup, c’est toute la révolution qui est en question.

>> Lire  : Les islamistes annoncent la formation prochaine de leur gouvernement

“Fallait-il tuer Kadhafi ?” s’interroge Jean Ping, ancien président de la Commission de l’Union africaine, dans les colonnes du Monde diplomatique (août 2014). Non, il n’était pas dit que l’exécution vengeresse du “Guide” dans les faubourgs de Syrte, le 20 octobre 2011, fût la seule issue possible. Mais, avant et après la constitution d’une coalition pour l’arrêter, Kadhafi, qui avait sciemment choisi la voie du glaive, a rejeté toutes les portes de sortie qui lui étaient offertes.

“Zenga, zenga”

Ses imprécations télévisuelles hallucinées contre les “rats”, qu’il menaçait de poursuivre “zenga, zenga” (“rue par rue”), n’ont d’égal que celles de son “réformateur” de fils, Seif el-Islam, lequel promettait aux insurgés des “rivières de sang”. Autant de pièces à conviction qui pèseront lourd devant le tribunal de l’Histoire.

En février 2011, J.A. donnait le ton en titrant en une “Kaddafou”, avec ce commentaire : “Pourquoi et comment le dictateur libyen en est venu à massacrer son peuple”. L’édito de Béchir Ben Yahmed ne laissait pas de place au doute : “Même un demi-Kadhafi, c’est trop. La communauté et la justice internationales devraient exercer leur droit d’ingérence pour ne pas encourir le reproche de non-assistance à peuple – et à révolution – en danger.”

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