Libye : des islamistes armés s’emparent de deux champs pétroliers

Des islamistes radicaux se sont emparés mardi des deux champs pétroliers d’Al-Bahi et Al-Mabrouk, situés dans le centre du pays. Ils menacent désormais celui d’Al-Dahra.

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Faute de munitions, les forces de sécurité ont été contraintes, mardi 3 mars, d’abandonner les champs pétroliers d’Al-Bahi et Al-Mabrouk à des islamistes armés. Ces deux sites, situés à quelque 200 km au sud de Syrte, sont à l’arrêt depuis plusieurs semaines en raison des violences et du fonctionnement ralenti des terminaux d’exportation.

Le personnel des deux sites a été évacué après une première attaque, début février, qui avait fait au moins 11 morts. Cette attaque, qui n’a pas été revendiquée, a été attribuée par les gardes des installations pétrolières à des islamistes radicaux. Le champ d’al-Mabrouk est exploité par une coentreprise dirigée par la Compagnie libyenne de pétrole (NOC), dans laquelle le groupe français Total détient des parts.

L’industrie pétrolière durement touchée

Depuis plusieurs semaines, la Libye est le théâtre d’une série d’attaques revendiquées ou attribuées à la branche locale du groupe État islamique (EI). L’industrie pétrolière libyenne, autrefois lucrative, est durement affectée par l’anarchie dans le pays. Avant la révolte de 2011 qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi, la production s’élevait à plus de 1,5 million de barils par jour, représentant 95% des exportations du pays et 75% de ses revenus.

Mais la production est tombée à quelque 350 000 barils par jour en décembre, quand la coalition de milices islamistes Fajr Libya a lancé une offensive meurtrière pour s’emparer de terminaux pétroliers dans l’Est libyen. L’armée a repoussé cet assaut, qui a provoqué des incendies dans des réservoirs pétroliers au terminal d’Al-Sedra.

Fajr Libya s’était emparé de Tripoli en août 2014, où elle a installé un gouvernement parallèle et réactivé le parlement sortant, le Congrès général national (CGN). Depuis, la Libye est dirigée par deux parlements et deux gouvernements rivaux, dont un, reconnu par la communauté internationale, siège à Tobrouk (est).

Source: Jeuneafrique.com

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