L’exode des musulmans en Centrafrique

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Ils sont des milliers de musulmans à avoir quitté la Centrafrique ces derniers jours en raison des violences qui les visent. Ces violences aveugles sont liées à un amalgame entre les ex-rebelles et les adeptes de l’islam. La capitale Bangui a vu partir ce vendredi 7 février au matin un convoi de taxis et de camions vers le nord du pays et ce départ a une nouvelle fois donné lieu à une scène de lynchage.

C’est un imposant convoi de camions et de taxis qui a quitté ce matin Bangui. Une longue file de véhicules transportant des musulmans tchadiens vers la frontière à la recherche de plus de sécurité. Les scènes auxquelles ce départ a donné lieu illustrent à nouveau la violence des relations entre chrétiens et musulmans en Centrafrique.

Alors qu’elle remontait l’axe qui permet de sortir de la ville, la colonne a essuyé les insultes des riverains. Un homme tombé d’un véhicule a été lynché. Un camion du convoi a été attaqué par des miliciens anti-balaka, rapidement dispersés par des tirs de sommation de la force africaine, la Misca.

50 000 exilés

Depuis le déploiement des forces internationales, en décembre, le rapport de force a changé sur le terrain. Les Seleka ne font plus ce qu’ils veulent. Après avoir été victime, une partie de la population laisse éclater son désir de vengeance. Opérant un dangereux amalgame, elle s’en prend aux populations musulmanes, contraintes à la fuite.

En six semaines, plus de 50 000 personnes ont ainsi quitté la Centrafrique pour se réfugier au Tchad. Selon une étude de l’Office international des migrations, 96 % d’entre elles sont des musulmans, et les deux tiers disent avoir été victimes de violence. Le constat est le même du côté du Cameroun, à l’ouest du pays. Selon le Haut Commissariat aux réfugiés, en seulement deux semaines, 17 000 personnes ont été enregistrées à la frontière camerounaise. Il s’agit là encore de musulmans traumatisés par des violences, subies ou redoutées.

D’autres musulmans choisissent de fuir leur ville ou leur village pour rejoindre Bangui. Avec un seul espoir : prendre un avion pour quitter le plus rapidement le pays. Mais les terres d’accueil ne sont pas légion. Le Cameroun ou le Tchad évacuent prioritairement leurs ressortissants. Or beaucoup, parmi ces exilés, sont des Centrafricains. Des civils qui ont longtemps vécu paisiblement aux côtés de leurs frères chrétiens ou animistes avant de subir la chasse à l’homme.

rfi

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