Les Béninois savourent aux délices de l’énergie solaire

Des panneaux solaires importés des pays occidentaux ont envahi les marchés informels béninois à la joie et au bonheur des populations des villes et campagnes du Bénin.

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“Ces panneaux solaires acquis à des fortunes diverses selon leurs dimensions, allant de 15.000 FCFA à 250.000 FCFA pour des surfaces comprises entre 50 cm2 et 2 m2, permettent, non seulement aux populations d’accéder à l’énergie moderne et de qualité, mais aussi d’améliorer leurs conditions de vie et de développer des activités génératrices de revenus”, a confié à Xinhua Firmin Assogba, un administrateur des finances à la retraite à Adjagbo.

Certains foyers situés dans les villages d’Adjago, d’Akassato, de Ouédo et de Kansounkpa, dans la commune d’Abomey Calavi, ville située à une trentaine km au nord de Cotonou, capitale économique béninoise, gouttent déjà aux délices et merveilles de cette énergie moderne.

“Avant, nous n’avions d’autre choix que d’utiliser des lampes à pétrole pour nous éclairer. Cette situation a conduit à de nombreux cas d’incendie de cases, avec de lourdes pertes matérielles et en vies humaines”, a déploré Romain Tokpanou, un habitant du village de Kansounkpa.

A cet effet, l’absence d’électricité constituait une lourde charge à supporter par les populations de ces villages situés aux alentours de la capitale économique béninoise, déjà frappés par la pauvreté monétaire.

“Pour charger nos téléphones portables, nous devions nous déplacer sur des kilomètres et dépenser au moins 200 Fcfa pour le transport, et payé aussi 100 Fcfa pour le chargement de l’appareil, sans compter le temps d’attente de chargement qui était, en moyenne, d’environ deux heures”, a renchérie dame Bernadette Dossi, vendeuse de divers au marché de Ouédo.

Avec l’arrivée des panneaux solaire sur les marchés informels des villes et campagnes du Bénin, cette situation relève d’un souvenir pour les foyers ayant disposé déjà des kits solaires.

“Aujourd’hui, avec une batterie de 12 volts, j’arrive à regarder la télévision 24 heures sur 24. Mes enfants ont la lumière le soir pour apprendre leurs leçons, je recharge facilement mon téléphone portable et ma maison est éclairée”, se réjouit Pierre Dossou, un entrepreneur en bâtiment, vivant à Akassato.

Outre ces initiatives privées d’acquisition des panneaux solaires, le gouvernement béninois a récemment bénéficié du programme régional de développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique (PRODERE), de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA), pour le remplacement de lampadaires conventionnels existants dans les artères des villes de Cotonou, Porto-Novo et d’Abomey Calavi, avec 1.403 luminaires plus économiques.

En dehors de la pose de lampadaires solaires au niveau des campus universitaires et des principales artères des principales villes du pays, ce programme comporte également la fourniture et la pose des kits solaires en faveur des ménages; la fourniture et la pose de mini-centrales solaires dans les localités rurales et la fourniture et la pose des pompes à motricité solaire pour l’adduction d’eau villageoise.

ACCES DIFFICILE AUX INFRASTRUCTURES ENERGETIQUES

Selon l’édition 2013 du Rapport d’avancement de la stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté, les indicateurs du secteur de l’énergie au Bénin ont connu une amélioration par rapport à 2012.

“Le taux de couverture national d’électrification s’est établi à 41,9% en 2013 contre 39,2% en 2012 et le taux national d’ électrification est passé de 28,2% en 2012 à 29,2% en 2013”, révèle la même source, qui précise que ces résultats ont été obtenus grâce à la politique d’électrification de plusieurs nouvelles localités engagée par le gouvernement béninois.

“Ainsi, le nombre de ménages ayant accès à l’électricité est passé de 456.567 ménages en 2012 à 482.680 en 2013, soit un taux d’ accroissement de 5,7%”, précise la même source.

Par ailleurs, a-t-on souligné, le secteur de l’énergie électrique au Bénin a enregistré des crises plus au moins importantes ces dix dernières années.

Ces crises ne sont plus des événements saisonniers ni épisodiques. Vu leur durée, leur fréquence et leur généralisation sur toute l’étendue du territoire, elles sont dues essentiellement à des pénuries chroniques d’énergie électrique, se traduisant par des coupures régulières du courant électrique connues désormais sous le vocable de “délestages”, qui affectent gravement toutes les activités socio-économiques du pays.

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