Le Tchad englué dans une crise économique sans précédent

Le Chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno, entame la troisième année de son cinquième mandat dans un climat tendu. Sur le plan économique et social, la situation devient difficile à gérer.

“La crise, nous l’avons voulu nous Tchadiens” (Idriss Déby Itno)

Depuis sa réélection en avril 2016, les difficultés s’amoncellent pour le président Idriss Déby Itno. Il y a d’abord l’asphyxie économique du pays, due à la chute du prix du baril de pétrole.

A ceci s’ajoute une crise sociale née de la volonté du gouvernement de réduire le train de vie de l’Etat pour faire face à ce marasme économique.

Un bilan critiqué par l’opposition

Pour Beral Mbaikoubou, député de l’opposition, le cinquième mandat du président Déby est marqué par de lourdes crises.

“D’abord le front social est en ébullition, il y a un bras un fer qui n’en finit pas entre les centrales syndicales et le gouvernement. D’un point de vue économique, le pétrole,  qui est la seule richesse sur laquelle nous avons adossé notre pays depuis plus d’une dizaine d’années, s’écroule sur les  marchés internationaux, faisant que les populations vivent une situation très difficile au niveau social. En plus, la fermeture des hôpitaux, des écoles, universités et de tous les services de base”, explique-t-il.

Déby accuse les fonctionnaires

Un échec que reconnait en partie Idriss Déby Itno lui-même. Mais celui-ci jète la responsabilité sur les fonctionnaires.

“La crise, nous l’avons voulu nous Tchadiens. Depuis 2003 ou notre premier bateau pétrolier est mis sur le marché international, chaque année les fonctionnaires ont forcé le gouvernement à augmenter les salaires. Donc a crevé le plafond, nous avons cru à la pérennité du pétrole et le pétrole a tari. Les ressources hors pétrole n’ont jamais dépassé 360 milliard de francs CFA, alors que la masse salariale du Tchad a atteint 400 milliards de francs CFA. Cela veut dire que vous payerez des salaires, mais pas la totalité et le pays va s’arrêter.  Donc que les partenaires sociaux comprennent : on va revenir en arrière”, estime le chef d’Etat tchadien.

C’est dans  ce contexte budgétaire qui ne rassure guère que le président Déby a annoncé la tenue des élections législatives en novembre prochain. En dépit des crises multiples qu’il affronte, le président tchadien a tout de même réussi l’exploit politique de rallier les grandes figures de l’opposition derrière lui, dans la perspective de ces  prochaines législatives.

Deutsche Welle

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