L’armée ougandaise réagit après la mort de 15 casques bleus en RDC

En République démocratique du Congo (RDC), la Monusco a subi une attaque sans précédent dans la région de Beni, jeudi 7 décembre, faisant au moins 15 morts du côté de la Monusco. L’attaque aurait été menée par de présumés ADF, la rébellion ougandaise, posant ainsi de nouveau la question de la collaboration avec l’Ouganda, pays frontalier.

La réaction de l’armée ougandaise est claire : « Si ces terroristes attaquent l’Ouganda, nous n’hésiterons pas à exercer notre droit à les poursuivre », affirme le brigadier Karemire.

Cependant, le porte-parole des Forces de défense du peuple ougandais (UPDF) reste ferme quant aux responsabilités dans la lutte contre les rébellions dans les Kivu. « L’élimination de ces terroristes dans l’est de la RDC repose en priorité sur le gouvernement de Kinshasa  », a-t-il déclaré, en ajoutant : «  Les FARDC [Forces armées de République démocratique du Congo] doivent gérer le problème des ADF ».

L’armée ougandaise assure qu’elle va continuer à protéger ses frontières contre les infiltrations. Elle dispose, pour cela, de différentes positions dans le Rwenzori. Cette semaine se tenait d’ailleurs un rendez-vous entre des officiels congolais et ougandais pour discuter des problématiques transfrontalières.

Les forces armées ougandaises réfutent les rumeurs d’une possible action commune avec les FARDC côté congolais. « Ce n’est pas à l’ordre du jour », insiste le brigadier Karemire.

Mais il souligne l’importance d’une collaboration régionale. Il appelle en effet les pays de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), engagés dans un processus de mécanisme conjoint de lutte contre les ADF, à tenir leurs engagements.

Le porte-parole des UPDF regrette qu’à ce jour, seul l’Ouganda a mis à disposition ses hommes car, insiste-t-il, le groupe ADF menace la paix et la stabilité régionale.

Dans un communiqué, le CIRGL condamne l’attaque contre les casques bleus tanzaniens et appelle à la «  neutralisation des ADF et autres groupes armés  » de l’est de la RDC.

En Tanzanie, dans un communiqué publié la nuit de vendredi à ce samedi, à Dar es Salaam, la capitale tanzanienne, le président tanzanien, John Magufuli s’est dit « choqué » et « attristé » par cette attaque contre une base de l’ONU dans l’est de la RDC. Les 15 victimes sont toutes des soldats tanzaniens.

Autre réaction, celle des Etats-Unis qui condamnent fermement cette attaque contre les soldats de la paix. Washington fait part de son engagement total à soutenir la Monusco dans ses efforts pour protéger les civils contre la violence, prévenir les atrocités et soutenir la paix et la stabilité en RDC.

De son côté, le président de la Commission dl’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a dénoncé « une attaque abjecte ».

Les ADF pointés du doigt

Les massacres dans la région de Beni sont régulièrement imputés aux rebelles ADF. Pourtant difficile d’en apporter la preuve, le groupe ne revendique pas ses opérations. En Ouganda, même chose. Plusieurs personnalités, dont le numéro deux de la police, ont été assassinées. Les autorités ougandaises pointent là encore les ADF sans apporter d’éléments concrets.

Les procès de Beni lèvent le voile de temps en temps sur l’organisation, mais la réalité du mouvement reste floue. Combien d’hommes sont encore actifs ? Quel est l’objectif de ce groupe armé ? Comment est-il financé ? Toutes ces questions restent sans réponse. Très peu d’éléments qui font dire à certains spécialistes que l’ADF est une « menace utile » qui permet de justifier les nombreux crimes commis de part et d’autre de la frontière.

D’autant que début 2014, les forces armées congolaises lancent l’opération Sokola 1. L’objectif : ratisser la région de Beni pour prendre d’assaut les caches et bases de la rébellion ADF. La plus grosse prise est sans doute la base de Medina. Depuis, les ADF sont affaiblis. Le mouvement décapité. Son leader, Jamil Mukulu est emprisonné depuis 2015 dans la capitale ougandaise.

RFI

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