Immigration clandestine : Les États-Unis, un monde à part

Les États-Unis adoptent la loi de la « Tolérance zéro » en matière d’immigration. Une loi visant à séparer les enfants des migrants de leur famille. Cette loi a pour vocation de diminuer ce phénomène historique et mondial qu’est l’immigration. Cette décision fait penser que les États-Unis veulent se séparer du reste du monde.

Donald Trump ne songe qu’à la mise en œuvre de ses promesses de campagne. La lutte contre l’immigration clandestine a été au centre de ses propagandes politiques lors de la course à la Maison-Blanche. C’est dans ce cadre qu’il est sur une loi consistant à séparer les enfants des immigrés de leur famille. « Si vous faites passer un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme requis par la loi », explique le ministre de la Justice américaine, Jeff Sessions.  Pour la bonne application de cette loi, le ministre n’entend point rester humain au sens propre du terme. Il dit appliquer la politique de la « Tolérance zéro ».

Comme voulant se justifier de ladite loi, il explique : « Nous ne voulons pas séparer les familles, mais nous ne voulons pas que des familles viennent illégalement à la frontière. » Pour ce faire, tous ceux qui traverseront les frontières américaines seront poursuivis, arrêtés et séparés de leurs enfants. « Si vous faites passer un enfant, nous vous poursuivrons. Et cet enfant sera séparé de vous, comme requis par la loi », explique-t-il. Cette loi concerne également les passeurs qui seront poursuivis pour avoir fait passer des étrangers sans papiers : « si vous faites passer des étrangers sans papiers à travers la frontière, nous vous poursuivrons », dixit Jeff Sessions. Sur cette loi, on a envie de poser la question au président américain à savoir ce qu’il fera de ces enfants une fois qu’il les séparera de leur famille. Si les parents doivent être refoulés, pourquoi ne pas les refouler avec leurs enfants ? Cette loi n’aurait-elle pas des plans d’esclavage en catimini ?

À y regarder de près, nous nous disons que cette loi vise essentiellement les Mexicains. La semaine dernière, près de 150 personnes sont arrivées à la frontière des Amériques pour une demande d’asile. Ces hommes et femmes fuient des menaces  voire des violences auxquelles ils sont victimes dans leur lieu de départ. Cette arrivée massive était à la UNE de tous les médias nationaux et internationaux.

Cette nouvelle mesure des États-Unis constitue une violation grave des droits de l’homme. Avec cette loi, nous avons l’impression que les textes internationaux ne disent rien au  président américain qui veut sûrement séparer son pays des autres pays du monde. Quel Humain peut accepter séparer un enfant de sa famille et faire de lui un orphelin pendant que ses parents vivent ?

Notons qu’une fois au pouvoir, Donald Trump a fait valoir plusieurs décisions dans le cadre de la lutte contre ce phénomène international qui prend de plus en plus d’ampleur avec le phénomène de la mondialisation. On se rappelle que peu de temps après son investiture, il a fait voter un décret pour limiter l’accès du territoire américain à certains pays qu’il jugeait peu sûrs. Il s’agit des ressortissants de pays comme la Syrie, l’Iran, le Soudan, La Libye, la Somalie, le Yémen et l’Irak. Ce décret a fomenté plusieurs protestations judiciaires avant d’être balayé en un revers de main. À ce titre, une troisième version dudit décret a vu le jour. Dans ce dernier, les pays visés étaient le Tchad, le Yémen, l’Iran, la Somalie, la Libye, la Syrie, les ressortissants de la Corée du Nord ainsi que certains responsables du Mexique. À ceux-ci s’ajoute la construction de son fameux mur de séparation afin d’empêcher les Mexicains de pénétrer dans le territoire américain. Ce mur devrait être financé par le gouvernement mexicain. En septembre dernier, on se rappelle toutes les polémiques autour de la DACA. Ce programme institué en 2012 permettant aux immigrés arrivés aux États-Unis avant leur 16 ans ou qui avaient moins de 31 ans en juillet 2012 d’étudier et de travailler légalement dans ce pays était menacé d’abrogation. Les Salvadoriens ayant fui les tremblements de terre pour venir se réfugier aux États-Unis depuis les années 2001 étaient menacés d’expulsion par Trump.

Ces remarques visent à attirer les attentions sur la vision de ce Républicain américain qui avait les mêmes slogans de campagnes que le président malien, « Les États-Unis d’abord » en lieu et place du « Mali d’abord » d’IBK. Le locataire de la Maison-Blanche, depuis son arrivée au pouvoir, ne cesse de chercher des moyens pouvant lui permettre de fermer complètement les frontières de son pays aux autres. Cela ne finira-t-il pas à fermer les États-Unis des autres pays du Monde ? Donald Trump a-t-il oublié l’histoire du peuplement de son pays ? À titre de rappel, il doit savoir que son pays doit en grande partie sa puissance à ce phénomène auquel il se montre réfractaire aujourd’hui. La mondialisation est venue donner plus de force à l’immigration. À ce titre, le nationalisme sauvage n’arrange nullement les États. Tous les hommes, femmes et enfants qui quittent leur pays d’origine vers un autre, c’est pour la recherche d’un eldorado. Ils fuient des guerres, de la famine voire d’autres menaces dans l’espoir d’avoir un monde paisible, un monde dans lequel ils pourront travailler pour subvenir à leurs besoins. Le phénomène de l’immigration est propre à tous les pays.

Fousseni TOGOLA

Source: Le Pays

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