Face à Patrice Talon, Emmanuel Macron refuse le terme de trésors pillés. Et pourtant…

La visite tant souhaitée par le président béninois Patrice Talon a finalement eu lieu, avec à la clé de nombreuses annonces de la part de son homologue français. Lors de la conférence de presse conjointe, Emmanuel a également réagi sur l’affaire des trésors pillés par son pays.

Emmanuel Macron n’aime pas trop que l’on parle de trésors pillés par la France pendant la colonisation. S’il ne l’a pas lui-même signifié clairement, il n’a pas manqué de chercher à justifier la présence de ces trésors dans les musées français. Dans une gymnastique intellectuelle, le président français a donné sa version des faits : « (…) Personne ne m’a parlé, pour vous citer, “des œuvres pillées par la France pendant la colonisation” (…) parce que ces œuvres ont quitté l’Afrique pour plusieurs raisons. D’abord pendant la période de colonisation, parce qu’elles ont pu être en effet à ce moment là prises, parce que parfois elles ont été l’objet de trafics qui ont été d’ailleurs accomplis par des occidentaux comme par des africains, ensuite parce qu’elles ont aussi été le fruit de différents échanges de marchands d’arts et enfin parce qu’elles ont parfois été ramenées de France par des missions anthropologiques (…) » Nos réponses au président français Ces multiples raisons citées par le président français méritent réflexion: Même si monsieur Macron cite plusieurs points, le premier qui concerne la période de colonisation doit bel et bien être qualifié de pillage. Puisque la règle simple qui s’est appliquée fut la règle du vainqueur qui se sert chez le vaincu. Elles n’ont donc pas été prises, mais elles ont été clairement volées Dans le cas des trafics entre européens et africains, il est clair qu’on ne peut pas parler de vol en soi, mais le fait que des musées étrangers recueillent des objets issus de trafics peut dans certains cas, être qualifié de recel: d’après en effet le dictionnaire Larousse, il y a recel quand un bénéfice est tiré d’un produit issu d’un crime ou d’un délit. Quant aux échanges de marchands d’arts, un point qu’on ne saurait attaquer, il serait bon de répertorier ces produits issus de ces échanges, pour que soit dressée une liste permettant de vérifier la conformité de ces transactions Idem pour les missions anthropologiques. En clair, il ne s’agit pas de réclamer avec violence ces objets, mais il ne s’agit pas non plus pour la France de répondre avec arrogance en évoquant des cas de trafics. La discussion doit se mener dans un climat de respect mutuel, parce qu’avant tout, ces objets n’appartiennent pas à la France. Il ne faudrait pas également oublier que, si les africains ont pu donner naissance à ces objets et les conserver jusqu’à leurs pillages, ils pourront, avec de la bonne volonté les conserver à nouveau. Comme on dit chez nous, ce n’est pas parce qu’un enfant chute qu’il renonce à apprendre à marcher. A bon entendeur, salut!

 

Source: lanouvelletribune

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