Ebola en RDC: le nécessaire témoignage des rescapés pour lutter contre l’épidémie

En République démocratique du Congo (RDC), la mobilisation se poursuit dans la province du Nord-Kivu pour lutter contre Ebola. L’Unicef, le fonds des Nations unies pour l’enfance, et l’ONG Oxfam ont décidé de faire appel à des guéris du virus pour qu’ils témoignent de leur parcours auprès des communautés.

Les applaudissements fusent dans cette petite église de Mununze, dans la province congolaise du Nord-Kivu lorsque Léandre Kasereka, l‘un des premiers guéris de l’épidémie d’Ebola, s’avance pour témoigner. « Vous aviez peut-être entendu dire que j’étais déjà mort, lance-t-il. Mais en fait je suis toujours en vie. C’est pour cela que je témoigne devant vous. Pour vous montrer que mourir d’Ebola, ce n’est pas une fatalité ».

« N’ayez pas peur d’aller vous faire soigner, poursuit Léandre Kasereka. Ne croyez pas ce que vous entendez. Dans les centres de traitement, il y a des médicaments des soignants et de la nourriture. On va s’occuper de vous. Si les gens meurent, c’est au contraire parce qu’ils y vont trop tard ».

Cercle vicieux

Une trentaine de notables, pasteurs ou commerçants, écoutent attentivement. Aujourd’hui encore, certains malades hésitent à se rendre dans les centres de traitement spécialisés. Parfois par ignorance, par déni de la maladie, ou encore parce que le taux de mortalité observé au tout début de l’épidémie les a rendus méfiants vis-à-vis du système de santé. Lorsqu’ils finissent par consulter, il est souvent trop tard.

Pour lutter contre ce cercle vicieux, qui contribue à la propagation de l’épidémie, l’Unicef et Oxfam ont décidé de faire appel à des guéris d’Ebola pour qu’ils témoignent de leur parcours auprès des communautés.

A la sortie de l’église de Mununze, les réactions illustrent bien l’ampleur des malentendus qui s’étaient installés. « Les gens racontaient que là-bas, dans les centres de traitement du virus Ebola, on ne soignait même pas les malades, que si tu allais là-bas, tu allais mourir, témoigne une femme. C’est pourquoi nous avions des doutes d’aller aussi à l’hôpital. Mais j’ai compris que c’étaient des mensonges. Quand tu te sens mal, il faut aller au centre de santé pour te soigner ». Les participants s’engagent désormais à devenir les ambassadeurs de ce message auprès de leurs communautés.

 

Source: RFI

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