COP21 : L’Afrique assistée

En marge de la Conférence sur le climat à Paris, le Président français, François HOLLANDE, a organisé un mini-sommet exclusivement consacré à l’Afrique. Il s’agissait de voir comment financer des projets africains dans le cadre de la préservation de l’environnement.

francois hollande president france chef etat president africain conference sommet reunion cop21 rechauffement changement climatiqueL’Afrique ne produit que 4% des gaz à effet de serre du monde. Cependant le continent est l’un des plus touchés par les effets climatiques liés à la dégradation de l’environnement. Le cas le plus récent est celui de la République sud-africaine qui est actuellement frappée par la pire des sécheresses que le pays ait connue et qui risque d’hypothéquer les cultures pour cette année.

Ailleurs, les faits sont connus. Les Africains espèrent sauver le Lac Tchad, véritable poumon économique qui fait vivre environ 4 millions de personnes. En seulement 5 décennies, le lac Tchad a perdu 90% de sa surface, passant de 25000 Km2 au début des années 1960 à 9000 Km2 aujourd’hui et est menacé d’assèchement. Ce serait un scénario catastrophique non seulement pour l’économie (agriculture, pêche, élevage) des pays riverains (Tchad, Niger, Nigéria, Cameroun) mais surtout pour les 30 millions de personnes qui dépendent directement ou indirectement du réservoir d’eau.

L’autre problématique concerne les pays du bassin du fleuve Niger qui s’étend sur 1100000 Km2. Long de 4200 km, le fleuve Niger prend sa source en Guinée Conakry et traverse le Mali, le Niger et le Nigéria. En réalité ce sont au total 9 pays qui sont liés au plus grand fleuve de l’Afrique subsaharienne. Or le danger qui guette le Niger est l’ensablement qui, à long terme, menace les activités économiques de millions de personnes dont la vie dépend directement ou indirectement du cours d’eau.

Les menaces sur la forêt équatoriale, à cause de la coupe massive du bois, la pollution du delta du Niger par le pétrole au Nigéria et l’avancée du désert sont entre autres les problèmes environnementaux qui se posent à l’Afrique noire. La faible capacité financière des pays du continent fait que les Africains seuls ne pourront pas faire face à tous ces défis. C’est pourquoi le Président français a proposé 5 milliards d’euro pour soutenir la lutte contre les aléas climatiques.

La chance de l’Afrique est aussi son faible niveau d’industrialisation car celui-ci lui permet de ne pas en rajouter à la dégradation de l’environnement des pays développés. L’Afrique pourrait servir de vaste laboratoire pour expérimenter les nouvelles technologies comme l’énergie solaire et éolienne.

Cependant, il ne faudrait pas tout attendre des pays développés. Dans ce cadre, l’expérience du Sénégal qui est en train d’établir une large ceinture verte de sécurité à la limite de ses frontières avec le Sahel doit inspirer tous les pays de la sous-région. En plantant des millions d’arbres à la lisière du Sahel, les Sénégalais sont en passe de reverdir des espaces jadis envahis par le sable et de permettre ainsi la reprise d’activités économiques comme l’élevage, le maraichage voire l’agriculture.

Dans les conditions actuelles de large corruption des appareils d’Etat africains, tout financement doit faire l’objet d’une surveillance particulière pour que les populations africaines bénéficient effectivement de l’aide apportée par les partenaires financiers. En attendant, les responsables politiques africains doivent réfléchir à tout ce qui est possible d’être entrepris dans le cadre de la protection de l’environnement, sans attendre les financements extérieurs. Une capitale comme Bamako croule sous le poids des déchets de toutes sortes et manque cruellement de caniveaux pour le drainage des eaux de ruissellement et des eaux usées. Pendant l’hivernage les Bamakois ont les pieds dans l’eau et pendant la saison sèche ce sont des nuages de poussière qui envahissent la ville.

L’Afrique est à Paris en tant qu’observateur. Les décisions de la COP21 seront prises à d’autres niveaux. Les faibles poids politique et économique du continent ne pèseront guère dans les prises de décision de la COP21. Une fois de plus le continent africain est réduit à son statut d’assisté et devra s’en remettre à la bonne volonté des grandes nations.

 

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