Burundi : Nkurunziza poursuit sa campagne présidentielle sous haute sécurité

Alors que le Burundi est dans l’attente des résultats des élections législatives et communales, le président Pierre Nkurunziza poursuit sa campagne pour la présidentielle, plus décidé que jamais à briguer un troisième mandat.

Pierre Nkurunziza president burundais

Malgré le boycott de l’opposition et les critiques de la communauté internationale, le scrutin présidentiel est toujours prévu le 15 juillet, au Burundi, et l’actuel président Pierre Nkurunziza s’y prépare. Candidat à un troisième mandat, il a tenu vendredi 3 juillet un meeting de campagne sous haute sécurité à Kabezi, bourgade rurale à une vingtaine de kilomètres au sud de Bujumbura, la capitale.
C’est un retour aux sources pour le président, qui y est accueilli au rythme des tambours et des applaudissements d’une centaine de personnes. Pierre Nkurunziza a passé cinq ans dans la région avec la rébellion pendant la guerre civile qui a éclaté en 1993, après l’assassinat du premier président hutu démocratiquement élu, Melchior Ndadaye.

De meeting en meeting, il répète inlassablement le même discours, axé sur le développement. “Si vous nous donnez la chance d’être encore là pour les cinq ans à venir, nous allons redoubler d’efforts pour ces provinces”, a déclaré Pierre Nkurunziza, plus déterminé que jamais à poursuivre les élections générales qui ont commencé lundi avec des législatives et des communales.

Climat d’insécurité permanent

Son thème principal de campagne, “unité et réconciliation”, peine en revanche à trouver un écho dans le public. D’autant que Kabezi est le fief de son principal opposant politique, Agathon Rwasa. Signe de la tension extrême qui continue d’accompagner le processus électoral, des snipers sont placés sur les toits des bâtiments alentour et le président est entouré de nombreux policiers et militaires.

Le Burundi est secoué par une crise politique depuis l’annonce fin avril de la candidature de Pierre Nkurunziza, déjà élu en 2005 et 2010, à un troisième mandat jugé anticonstitutionnel et contraire à l’accord d’Arusha (signé en 2000) qui avait mis un terme à la guerre civile. Un mouvement de protestation populaire a été violemment réprimé par la police et a donné lieu à des heurts meurtriers avec les jeunes du parti au pouvoir CNDD-FDD – les Imbonerakure, considérés comme une milice par l’ONU.

Plus de 70 personnes ont été tuées dans ces violences et plus de 140 000 Burundais ont fui ce climat délétère dans les pays voisins. Et si Pierre Nkurunziza tente de se présenter comme un rempart à l’insécurité dans le pays, sa présence au scrutin risque, au contraire, d’aggraver les tensions.

Avec AFP

 

Source: France24

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