Burkina Faso : Les auteurs du putsch avorté de septembre 2015 devant le tribunal militaire

Mercredi 21 mars 2018, le procès des auteurs du coup d’État avorté contre le gouvernement de transition à Ouagadougou en 2015 a repris le mercredi matin. La salle du banquet de Ouagadougou 2000 était pleine à craquer. Cela intervient après la suspension intervenue le 27 février 2018.

Le procès a commencé à 9 heures avec la désignation des juges assesseurs dans la catégorie des Colonels-major.  À cet effet, en plus du général Robert Tinga Djiguimdé choisi lors du premier jugement avorté, il faut noter la désignation du colonel-médecin Armand Claude Kabré et du colonel Ludovic Ouédraogo.  Tous les juges assesseurs désignés ont prêté serment avant que le président du tribunal suspende la séance vers 9 h 45 minutes.

À la reprise de l’audience à 11 h 47, les avocats des coupables notamment Me Mathieu Somé a attaqué les conditions dans lesquelles se passe ce jugement. Le tribunal militaire de la première instance a servi de cadre pour juger les accusés, Gilbert Diendéré, Djibril Bassolé ainsi que tous les autres accusés.

Or, ce tribunal aurait « été supprimé du code de justice militaire » aux dires de M. Somé. Outre cet aspect, la désignation du général Djiguimdé a été dénoncée largement par les avocats de la défense qui trouvent cela non avenu. Celui-ci aurait été nommé d’après une loi qui n’était pas encore rentrée en vigueur.

Ces dénonciations ont été objet de longues heures de polémiques entre les avocats de défense, le parquet militaire et les avocats de la partie civile. C’est dans cette mesure que Me Farama trouve « irréaliste et irrationnel » l’attitude de ces juges de la défense.  Cependant, juste après ces polémiques, la séance a été suspendue aux environs de 14 h 50 pour se reprendre à 16 h.

Cette journée de procès a été celle des tiraillements. Le jugement du mercredi  a pris fin sans qu’il y ait le moindre commentaire du président du tribunal sur la demande de récusation de l’avocat de la défense Me Christophe Birba.

Aussitôt repris le jeudi matin, le président a voulu mettre cette demande dans des oubliettes pour passer à l’examen des mémoires déposés (demande de sursis, de renvoi, d’inconstitutionnalité et de récusation du tribunal) sur sa table, mais les avocats lui ont suggéré de donner un avis à cette demande de récusation. Le juge se dit ne pas pouvoir donner de suite à cette affaire dans l’immédiat.  En conséquence, la séance a été suspendue jusqu’au 26 mars 2018.

Il convient de rappeler qu’à la date du 16 septembre 2015, Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé ont tenté un coup d’État contre le gouvernement de transition installé après le départ forcé de Blaise Compaoré. Condamnés depuis là, ils ont comparu devant le tribunal ce mercredi 21 mars, ils étaient environ 84 accusés dans la salle d’audience en train d’attendre ce jugement fameux tant attendu.

Fousseni TOGOLA

Source: Le Pays-Mali

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