Burkina : Apollinaire Compaoré dans les valises de Wend Kuni Bank

En dépit du premier rejet par la commission bancaire du dossier d’obtention d’agrément bancaire sous l’appellation Wari Bank International, l’homme d’affaires burkinabé Apollinaire Compaoré continue à manœuvrer. Sans répit. Selon des informations exclusives en notre possession, le propriétaire de Telecel a été adoubé par l’entrepreneur sénégalais Kabirou Mbodje, PDG de la société Wari SA, pour «violation du droit à la protection du nom commercial et de la marque» à travers deux lettres que s’est procuré Les Afriques que ses avocats ont envoyées au ministre burkinabé des Finances et à la commission bancaire. Exclusif.

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Apollinaire rebat ses cartes. Le rejet de sa requête d’obtention d’agrément pour sa banque Wari Bank International (WBI) par la commission bancaire ne l’a pas empêché de relancer l’Acte 2 de son projet. Il vient de réintroduire auprès de la commission bancaire une nouvelle demande sous la dénomination de Wend Kuni Bank (Dieu- donner, en langue mossie). Le dossier de l’homme d’affaires burkinabé et propriétaire de Telecel connaît des rebondissements. En vérité, tout n’a pas été dit. En exclusivité, Les Afriques peut révéler que le rejet du dossier d’agrément bancaire a été motivé par deux lettres officielles estampillées Société Wari SA, propriété du jeune entrepreneur sénégalais et champion sous-régional de l’inclusion financière, Kabirou Mbodje. Les Afriques a pu se procurer les deux correspondances adressées respectivement au Secrétariat général de la commission bancaire au ministre burkinabé des Finances en date du 3 mars 2016 et 7 mars 2016 par le cabinet-conseil SCP Lô & Kamara, sis à Dakar (capitale du Sénégal).

Dans une lettre adressée à l’argentier burkinabé, les avocats de la société Wari, évoluant principalement dans le secteur des services financiers depuis sa création en 2008 à travers l’exploitation de sa plateforme technique, écrivent : «Notre cliente a eu connaissance de l’introduction auprès de la commission bancaire de l’Uemoa d’une demande d’agrément en qualité d’établissement de crédit d’une société dénommée Wari Bank International. L’existence d’une banque avec cette dénomination constituera à n’en point douter une violation du droit de Wari SA à la protection de son nom commercial et de sa marque.» Seulement quatre jours avant, le PDG de Wari SA, Kabirou Mbodje saisissait par voie épistolaire le secrétaire général de la commission bancaire dont Les Afriques détient une copie. Extraits : «Il ressort de l’article 3 de l’annexe 7 de l’accord portant révision de l’accord de Bangui du 2 mars 1977 instituant une organisation africaine de la propriété intellectuelle, que le nom commercial appartient à celui qui le premier en fait l’usage ou en a obtenu l’enregistrement. Le nom commercial Wari appartient à Wari SA qui est le premier à en faire usage. Il s’ensuit que l’octroi d’un agrément du même nom commercial portera un grave préjudice à Wari SA». Suffisant pour que l’homme d’affaires Apollinaire enterrât le nom de sa banque.

Selon des informations parvenues aux Afriques, il s’est attaché comme partenaire technique la BIAT consulting, une filiale de la BIAT. Cette structure n’a pas l’épaisseur et la fiabilité d’opérer en Afrique de l’Ouest, révèlent nos sources.

PAR JEAN NJIKAM, JOURNALISTE

Les Afriques

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