Avant l’aventure clandestine en France: Le coup raté de Gassama à Abidjan

L’histoire de Mamoudou Gassama n’a pas fini de faire jaser et rêver…

L’histoire de cet homme qui a escaladé quatre étages pour secourir la vie d’un enfant a connu une étape à Abidjan, sur les bords de la lagune Ebrié en Côte d’Ivoire avant de se poursuivre avec cet héroïsme à Paris, sur les bords de la Seine, en France. 

Depuis le 26 mai 2018, la vidéo de son exploit tourne en boucle sur les Smartphones. Pourtant, Mamoudou Gassama qui a risqué sa vie pour sauver celle d’un enfant séjourne en France, sans papier, depuis novembre 2017. S’il a été  célébré là-bas et fait citoyen français, la plus grande fierté est celle de sa famille résidant à Bamako, au quartier Magnambougou. Dans un reportage de Tv5 partie sur ses traces au Mali, son père, Makha Gassama, 72 ans, et les autres membres de la famille ne tarissent pas d’éloges. «C’est un jeune garçon qui a toujours aidé son prochain. Cela n’a pas commencé avec cet acte. Avant son départ, nous lui avons fait des bénédictions et je crois que le Bon Dieu a exaucé nos prières». Les témoignages qui fusent portent un nouvel éclairage sur le parcours du garçon. Avec à la clé un détail peu médiatisé : son séjour à Abidjan, son premier rêve.

Parti de son village, Yaguiné, Mamoudou (ou Mamadou sur ses papiers mais tout le monde dit «Mamoudou») a d’abord séjourné quelque temps à Bamako. Un passage presque obligé pour tous les candidats à l’immigration. Lors de ce bref séjour dans la capitale malienne, il exerce de petits boulots pour se faire de l’argent.  «Mamadou, avant de se lancer sur la route de l’aventure, a fait de nombreux petits commerces, histoire d’économiser pour le trajet », explique son neveu, Mody Gassama. Qui révèle que « le commerce qu’il a le plus exercé est la vente de sacs ».

Goût de l’aventure. C’est avec l’économie de ses petits commerces qu’il s’est lancé sur la route de l’aventure en Côte d’Ivoire, selon son cousin, Diaby Gassama. Nous sommes en 2011. Sa mère venait de mourir. C’est donc avec les bénédictions des siens que l’adolescent arrive à Abidjan. Ici, sur les bords de la lagune Ebrié, il envisage d’exercer le commerce, son hobby. Il rêve de devenir un grand commerçant avec des camions et de grands magasins comme certains de ses compatriotes. Mais, la crise post-électorale qui éclate mélange ses calculs. Sécurité oblige, il doit rentrer au pays. Malgré l’expérience ratée d’Abidjan, Mamoudou est plus que déterminé. Plutôt que de rentrer au village, il décide de se lancer dans l’aventure en Europe. Il débarque d’abord au Burkina Faso, ensuite au Niger. Puis arrive l’étape de la Lybie, où il connaîtra les affres de l’esclavage.

En 2013, à la faveur d’une opération militaire et humanitaire lancée par la marine militaire pour secourir en mer les immigrés clandestins, il se retrouve en Italie. Après quatre années passés dans ce pays, il arrive enfin en France.
Ayant déjà son frère aîné dans ce pays, il n’est pas totalement dépaysé. Mais, sans papier, il est encore loin du bout du tunnel. Confiné dans une chambre comprenant 4 personnes, Mamoudou Gassama n’a pour couchette qu’un vieux matelas posé à même le sol. Jusqu’à son acte du 26 mai 2018.

Porté en héros par la France et surnommé le«Spiderman de Paris»depuis le 28 mai 2018, de son acte, le jeune malien, reçu par le président français, a obtenu sa carte de séjour (provisoire avant la définitive). Il est « presque » naturalisé. Logé dans un hôtel feutré et devenu le chouchou des médias, il a commencé à concrétiser son rêve (être sapeur-pompier). Un destin qui fait déjà rêver son jeune cousin Yirango qui, lui aussi, fait des économies pour se lancer à la quête du même destin que son frère.

Ameday KWACEE

Source: linfodrome

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