Algérie : Bras de fer entre l’armée et l’Instance nationale de dialogue

Mardi 30 juillet 2019, par la voix du chef d’état-major, Ahmed Gaîd Salah, l’armée algérienne s’est exprimée  sur les propositions de l’Instance nationale de dialogue chargée de mener des consultations sur les modalités de la future élection présidentielle dont l’objectif est de sortir le pays de la crise qu’il traverse  . En effet, elle a rejeté les conditions posées par cette instance en se disant « catégoriques » face auxdites conditions.

 

Dans un discours retransmis à la télévision, le chef d’état-major de l’armée algérienne s’est prononcé sur la question dominante du pays (conditions préalables au dialogue posées au pouvoir par la nouvelle instance de dialogue). À ce titre, il évoque : « Il n’est plus question de perdre davantage de temps ». Sans tergiverser, le général Ahmed a fustigé « La méthode imposant des préalables allant jusqu’aux diktats ». Et d’ajouter : « De telles méthodes et thèses sont catégoriquement rejetées ». Composée de plusieurs personnalités du pays, cette Instance de dialogue a été chargée par Abdelkader Bensalah, président intérimaire, de conduire les opérations de consultation inter-algériennes sur les modalités de la future élection présidentielle, devant aboutir à l’élection du successeur d’Abdelaziz Bouteflika, président démissionnaire du pouvoir en date du 2 avril après 20 ans de règne. Selon Jeune Afrique, l’Instance nationale de dialogue avait assuré avoir réclamé des mesures d’apaisement avant tout dialogue. Parmi lesquelles : la libération des personnes arrêtées en lien avec la contestation, l’allègement du dispositif policier lors des manifestations, particulièrement les barrages aux entrées d’Alger qui ralentissent ou empêchent, chaque vendredi, l’accès aux marchés. Le mardi, le général Gaid Salah a, de sa part, dénoncé les « idées empoisonnées, notamment l’appel à la libération des détenus qualifié à tort de prisonniers d’opinion ». « Seule la justice est souveraine de la décision conformément à la loi, concernant ces individus. Il n’est permis à quiconque d’interférer dans son travail et ses prérogatives, ou tenter d’influer sur ses décisions », prévient le chef d’état-major de l’armée. Dans son intervention, le général Ahmed va plus loin ; Le faisant, il qualifie alors de « suspect » l’appel à atténuer le dispositif policier. Ces mesures, pour lui, dites préventives prises par les services de sécurité pour la sécurisation des marches sont des mesures prises dans l’intérêt du peuple et non le contraire ; c’est pourquoi toujours dans Jeune Afrique, il évoque la nécessité d’organiser et d’encadrer les marches afin d’éviter qu’elles soient infiltrées. Quant à Hirak, le mouvement de contestation inédit qui agite l’Algérie depuis plus de cinq mois, « tout scrutin avant le départ du pouvoir des anciens proches de l’ex-président Bouteflika, le chef de l’État intérimaire, Abdelkader Bensalah, et le général Ahmed Gaid Salah est à rejeter ».

Mamadou Diarra

Source : Le Pays

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