AFRIQUE DU SUD: JACOB ZUMA ÉPINGLÉ

La Haute cour de Pretoria a autorisé  vendredi la réouverture d’une affaire de corruption contre le président sud-africain. La justice estime que Jacob Zuma devrait être poursuivi pour corruption dans une  affaire qui date de 1999.

president sud-africain jacob zuma

La justice sud-africaine est de nouveau aux trousses  du président sud-africain Jacob Zuma. Pour  une vielle affaire  de corruption.   La Haute cour de Pretoria a fait savoir le  vendredi 29 avril 2016 que la « décision d’abandonner les charges contre Jacob Zuma est irrationnelle et doit être revue » et que « Jacob Zuma devrait être poursuivi pour ces charges », selon le  juge Aubrey Ledwaba. La Cour a recommandé  la réouverture de l’affaire; notamment la révision de la décision du parquet d’abandonner les charges de corruption qui pesaient sur Jacob Zuma dans une affaire de contrat d’armement de plusieurs milliards de dollars impliquant la société française Thalès.  Jacob Zuma avait été officiellement inculpé en 2007.

 

Possibilité de rétablir les accusations…
Alors président  du Congrès national africain (Anc, le   parti au pouvoir) en décembre 2007, Jacob Zuma avait été inculpé de 783 charges de corruption, de fraude fiscale et de racket.  En lien avec une affaire de pot-de-vin dans le cadre de  la signature d’un contrat d’armement de 4,8 milliards de dollars conclu en 1999.  Les accusations avaient été retirées en 2009 par le procureur général  pour vice de forme à  quelques semaines  de  l’élection de Jacob Zuma à la présidence de l’Afrique du Sud. Les avocats de Jacob Zuma avaient  utilisé des enregistrements d’écoutes téléphoniques entre l’ancien chef du parquet et une autorité  de la police  pour convaincre la justice que leur client était victime d’un complot politique, alors qu’il était en pleine campagne pour la présidentielle.

C’est ainsi  que les charges avaient été abandonnées et les accusations retirées. Une commission d’enquête sud-africaine a blanchi Jacob Zuma et d’autres responsables gouvernementaux soupçonnés de corruption dans ce même contrat d’armement.  Cette décision de la Haute cour de Pretoria ouvre la possibilité de rétablir les accusations contre le président Zuma. Estimant que les charges avaient  été abandonnées pour des raisons politiques, le principal parti d’opposition l’Alliance démocratique (Da), a pu  obtenir les enregistrements en  2014.  Saisie  pour réexaminer cette affaire, la justice  a donné raison vendredi à  l’Alliance démocratique (Da). Un autre coup  de l’opposition, après la motion de censure et le vote des parlementaires visant la destitution de Jacob Zuma.  Vote qui n’avait  pas abouti  à la destitution  du président sud-africain, fortement soutenu par la majorité des députés de l’Anc.

 

Possibilité de faire appel

 

Jacob Zuma traverse  une période difficile marquée par plusieurs scandales : plusieurs ministres des finances nommés en quelques jours, l’influence  de la famille des Gupta sur la formation des gouvernements et sur les décisions économiques et financières  du pays,  l’affaire de l’argent  de la rénovation  de sa résidence privée…. La Cour constitutionnelle l’avait déjà,  fin mars dernier,  reconnu coupable de violation de la Constitution pour n’avoir pas remboursé une partie des 20 millions d’euros d’argent public utilisés pour rénover sa résidence privée de Nkandla. Le président pourrait encore être poursuivi pour  les mêmes 783 chefs d’accusation. Le  procureur de la République jugera de  l’opportunité de   se saisir du dossier et de réinstaurer les poursuites. Les avocats du président Zuma peuvent toujours faire appel de la décision de vendredi.

Edmond Kamguia K.

 

Source: lanouvelleexpression

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