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Afrique : Comment la France déstabilise nos pays

Les colonialistes français viennent de montrer leurs oreilles d’ânes présomptueux. La France, après avoir planifié la déstabilisation de la Libye pour ses immenses ressources pétrolières, elle qui n’ignorait pas les conséquences ultérieures pour la région sahélo-saharienne par la dispersion de la légion islamique de Mouammar Kadhafi, elle qui a créé le MNLA de toute pièce, veut nous donner à nous maliens, une leçon de géostratégie de la défaite. Il est vrai qu’en matière de défaites militaires, elle a des leçons à donner au reste du monde entier.france drapeau coq

Les soubresauts de la crise malienne
Mais revenons au Mali, victime de la gouvernance des 20 dernières années, gouvernance dont le but ultime était l’enrichissement outrancier et d’une rapidité fulgurante, basé sur la corruption érigée en mode d’existence, gouvernance calamiteuse qui a provoqué la déliquescence progressive et généralisée de l’Etat et de toutes les institutions sans exception aucune, ce Mali donc dût faire face aux attaques conjuguées du MNLA, d’AQMI, de Boko Aram et du MUJAO soutenus qui par la Mauritanie et la France, qui par le Qatar et la Suisse, qui par les agents de la France au sein de la CEDEAO.

Le dénouement de l’armée malienne était tel, qu’une centaine de nos soldats ayant épuisé entièrement leurs minutions  furent faits prisonniers à Aguel Hock puis égorgés par les séparatistes narcotrafiquants du MNLA, nervis de la France et leurs alliés islamistes. Cela n’émut nullement les milieux bien pensant de la France colonialiste, au contraire Mr Alain Juppé, alors ministre français des affaires étrangères arriva à Bamako et proclama triomphalement qu’il fallait reconnaître la victoire du MNLA, admettre une force d’interposition (ce que Mr Hollande réalise sournoisement aujourd’hui) et négocier.

Face au péril imminent et grave, ATT ne put que s’engluer davantage dans ses contradictions et corruptions. Les sukkoi qu’il acheta de seconde ou troisième main ne purent jamais aller au front, tellement ils étaient obsolètes.

Face aux troupes qui demandaient armes et munitions, le gouvernement leur opposa «discipline et silence». La mutinerie, rendue inévitable, se transforma en coup d’Etat. Cela aurait dû se passer au moins depuis 2008. C’est alors que la France colonialiste ajusta son fusil et mis en branle sa diplomatie, ses services secrets et la Françafrique au sein de la CEDEAO pour essayer de bloquer l’avenir indépendant du Mali. Car il fallait que les choses restent en l’état pour le bien de la France.
Pour cela, les arguments ne manquent pas ; «respect de l’ordre constitutionnel, respect de la démocratie, coup d’état idiot…). Et dire qu’il y a des africains pour croire encore à ces sornettes surtout venues de l’Occident. Ceux qui ont foulé aux pieds les droits démocratiques des peuples grec et italien, seraient subitement attachés au droit démocratique de peuples nègres ? Vous voilà bien servis messieurs les syndicalistes grecs qui étiez scandalisés parce qu’on voulait «vous traiter comme des africains»».

Ces Maliens semblent mieux traités que vous ! Ah la belle affaire, avec la propagande impérialiste savamment menée, c’est très facile de prendre des vessies pour des lanternes.

Laissons les naïfs à leurs naïves croyances, eux qui imaginent Mr Sarkozy Hollande attaché au bien être du peuple malien, lui qui se soucie fort peu du sort du peuple de France.

Pendant que la France impérialiste, colonialiste et raciste bandait donc la poitrine pour que force revienne à «l’ordre constitutionnel et démocratique» au Mali, elle prit la précaution de faire bloquer les armes et munitions du Mali en Guinée et les avions sukkoi que la junte venait de commander à la Bulgarie. Car il fallait que le Mali reste désarmé pour que l’intervention française s’impose d’elle-même afin que la paix à la française règne au Mali. Mais cela ne suffisait pas pour que l’intervention de Sarkozy Hollande s’impose d’elle-même. Car les maliens étaient pour la plupart hostiles à toute intervention étrangère. Ils ont confiances en eux-mêmes et à leur armée.

Les troupes qui ne demandaient que des armes et des munitions étaient elles aussi, dans leur immense majorité hostiles à toute intervention étrangère. C’est ainsi que dans les plans de l’état major général des armées, l’intervention de la CEDEAO qui s’invitait aussi au Mali, se limitait à sécuriser les villes libérées par notre vaillante armée nationale.

On l’aura donc compris, l’intervention militaire étrangère n’était pas une nécessité militaire mais plutôt politique, nécessité politique de pérenniser l’ordre français au Mali et alimenter le séparatisme touareg.

Comment faire donc ? La situation était bloquée depuis la convention populaire des 21 et 22 mai 2012.
Mais les stratèges français avaient échafaudé un plan. Mr Dioncounda TRAORE qui aurait été agressé le 21 mai 2012 lors des manifestations pour l’ouverture de la Convention en son palais de Koulouba, fut exfiltré en France pour un exil doré, pour motif de santé (la prétendue agression tombait à point). Nul doute que le scénario de l’intervention serval fut élaboré à cette époque.

Le peuple ne voulait décidément pas de  Mr Dioncounda TRAORE, ni de l’ancien régime, régime conforme aux intérêts de la France coloniale. Il voulait sa conférence nationale souveraine coûte que coûte, conférence souveraine qui lui avait été volée en 1991. Les français avaient dit à Mr Dioncounda TRAORE : «Surtout pas de conférence nationale souveraine car tu seras éjecté et les intérêts de la France compromis».

Se renvoyant tour à tour la balle de l’organisation de la Conférence Nationale Souveraine dont les documents préparatoires avaient été élaborés sous l’égide du gouvernement, messieurs Dioncounda TRAORE et Cheick Modibo DIARRA (le premier ministre de plein pouvoir) reportèrent une dizaine de fois environ la tenue de ces importantes assises nationales pour l’avenir de la nation. Tout était fait et tout est fait encore pour «gagner du temps» et endormir le peuple. Mais gagner quel temps ? Le temps du pourrissement, de l’explosion sociale et nationaliste.

C’est ainsi qu’à bout de patience, les maliens décidèrent de manifester début janvier 2013 pour l’organisation immédiate des Concertations Nationales Souveraines ou la non moins immédiate démission du Pr Dioncounda TRAORE, l’illégal président intérimaire.

Le 15 janvier était la date limite ultime. Mais c’était sans compter avec les services secrets français qui actionnèrent leurs hommes de main au sein des mouvements rebelles islamistes pour attaquer Konna le 10 janvier soit 56 ans jour pour jour après la promulgation de la «LOI N°57- 27 du 10 janvier 1957» portant création de l’«Organisation Commune des Régions Sahariennes» (OCRS). On fit courir le bruit à Paris et à travers le monde que Bamako était à feu et à sang alors que pendant ces manifestations pacifiques, pas une balle ne fut tirée, nulle personne ne fut tuée.

Néanmoins, les prétendus feu et sang qui coulaient à Bamako ne furent point invoqués pour justifier l’intervention française, cela aurait eu un effet désastreux. On invoqua plutôt l’attaque rebelle sur Konna où les affidés locaux de la France avaient soigneusement préparé le terrain pour mettre l’armée malienne en difficulté logistique face aux terroristes pour mieux justifier la nécessité et l’utilité de l’intervention française qui «sauvegarda le Mali et la sous région ouest africaine de l’obscurantisme islamiste». Cela passa par l’appel du Pr Dioncounda TRAORE, proconsul de la France au Mali, à son mentor Sarkozy Hollande pour une couverture aérienne, laquelle couverture aérienne se transforma en occupation ballade terrestre même si les soldats français ne furent jamais au combat.

Pour cela, les troupes maliennes, tchadiennes et nigériennes suffisaient largement. Le MNLA qui avait été anéanti par le MUJAO et ses restes éparpillés entre la Mauritanie et le Burkina Faso fut reconstitué à la hâte à Kidal pour les besoins de la cause : la partition programmée du Mali. Pendant ce temps les autorités illégitimes et illégales du Mali sont mises sous pression : «Si votre armée entre à Kidal, les forces françaises s’en vont».

Mr Dioncounda TRAORE est-il capable de se faire hara kiri pour l’intérêt supérieur de son pays ? Son pays ? Lequel ? Le Mali ou la France ?
Dans tous les cas, des élections farfelues, précipitées, dignes du vote de bêtes sauvages furent ordonnées par Papa Hollande pour juillet 2013. «Je serai intraitable sur cette date», dit le nouveau maître de Bamako qui n’a cure de l’état d’avancement des préparatifs pour les élections dans la nouvelle colonie française d’Afrique Occidentale. Peu importe s’il n’y a ni fichier électoral ni listes électorales. Si des centaines de milliers d’électeurs potentiels, si ce n’est pas plus d’un million de personnes qui sont exclues du processus électoral à cause de l’excessive empressement de Mr Sarkozy Hollande de voir plébisciter celui qu’il veut porter à la tête du fantomatique Etat nègre nommé Mali, peu importe. Avant tout, ce n’est que le vote de nègres sauvages pas encore mûrs pour la démocratie. N’est-ce pas Mr le frère corrézien de Jacques CHIRAC ?

Mais à vouloir toujours prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, on finit par les pousser aux extrémités. Ainsi papa Hollande, le 334eme saint de Tombouctou, le saint libérateur du Mali, prix de la paix nègre Félix Houphouët BOIGNY de l’UNESCO, ce Mr Hollande donc ne veut pas de l’armée nationale malienne à Kidal. Les troupes du MNLA, supplétives des forces françaises lui suffisent. Pourquoi ? Parce que Papa Hollande a décidé d’en faire un sanctuaire pour le MNLA ressuscité, le fantomatique MNLA écrasé par le MUJAO mais si utile à la France pour la partition du Mali qu’elle a aidé à déstabiliser.

Le grain de sable qui va faire dérailler ce complot impérialiste, ce sera la réaction unanime des maliens de tous bords, des plus tristes renégats aux patriotes les plus enthousiastes qui crièrent tous d’une même voix : «Pas d’élection sans l’armée malienne à Kidal». Mr Sarkozy Hollande et son ministre des affaires étrangères Laurent FABIUS hurlèrent avec eux : «On ne peut avoir deux armées dans un pays. L’armée malienne doit être à Kidal». Mais comme toujours, entre la parole et les actes des élites françaises, il y a un énorme fossé.

Un délai de dix (10) jours fut fixé pour trouver un accord. Délai aussi nécessaire aux stratèges français pour revoir leur copie de domination perpétuelle. Face à l’hostilité générale des maliens à l’idée même de discuter avec les séparatistes narcotrafiquants et criminels de guerre du MNLA, ce fameux journaliste français (la voix de la France), déclare donc que «L’on doit signer l’accord ordonné, pardon «proposé», si on n’est pas capable de défendre son pays».

Mais, Messieurs les français, si Sanogo n’a pas été De Gaule, Dioncounda n’est peut être pas Pétain non plus. Comme quoi l’abaissement a des limites qu’il est difficile de franchir surtout quand il s’agit de l’avenir d’une nation ou de l’image d’une race jadis synonyme d’esclavage.

Aussi, dire de manière aussi fracassante que : «Si l’on n’a pas été capable de défendre son pays, il faut signer l’accord proposé» est une affirmation qui tord le cou aux faits tels qu’ils se sont déroulés depuis le 22 mars 2012 jusqu’à nos jours.
1.    Depuis le coup d’état légitime et populaire, qui a été senti par l’immense majorité des maliens comme une délivrance, un immense soulagement, la France avec l’aide de ses nervis intérieurs et extérieurs n’ont cessé de nous mettre des bâtons dans les roues pour nous empêcher de nous armer et faire face efficacement aux périls intérieurs et extérieurs.

2. Le Mali n’a pas fait appel à la France. C’est la France elle-même à travers son homme de main, Mr Dioncounda TRAORE qui s’est invitée au Mali pour venir parader après avoir savamment orchestré l’attaque du 10 janvier par le truchement de ses éléments infiltrés dans les mouvements rebelles.
Dans ces conditions, amener les maliens à négocier avec un mouvement fantoche, revenu au Mali à la faveur de l’intervention française (ce qui est reconnu par certains journaux français comme le Monde), retour minutieusement préparé par les stratèges français, on s’en doute, ne peut qu’heurter l’esprit d’équité et de justice des Maliens farouchement attachés aux valeurs humanistes depuis des millénaires surtout ceux qui avait cru en l’altruisme de la France et que ledit mouvement, le MNLA pour ne pas le nommer s’est rendu coupable de crimes de guerres odieux. Seul un gouvernement à la solde de la France pouvait donc se mettre à table avec ce sinistre MNLA qui rappelle les pires heures du nazisme.

Pérignama SYLLA, architecte DEIAU- Bamako
BPE 1830- Cell : 66 76 70 64- émail : perignama@yahoo.fr
Secrétaire général du BARA – Secrétaire général du MP22
Membre du bureau de la COPAM
Bamako le 22 juin 2013

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