Affaire d’ « apologie du terrorisme » au Sénégal : Saër Kébé libéré après quatre années de détention provisoire en prison

En détention depuis quatre ans, la justice sénégalaise a rendu ce mercredi 10 avril 2019 sa décision concernant cette affaire d’ « apologie du terrorisme » inculpant le jeune  Saër Kébé. Il a été  condamné à trois mois d’emprisonnement avec sursis. Sa libération, le mercredi, a produit un sentiment jumelé de joie et d’amertume.  

Accusé pour  « apologie du terrorisme » à la suite d’une publication sur Facebook, le jeune Saër Kébé a été finalement libéré par la justice sénégalaise  le mercredi 10 avril 2019, après avoir passé quatre années en prison au cours de sa détention provisoire. C’est au pied de la maison d’arrêt de Cap Manuel, à Dakar que le jeune homme  a été accueilli par son grand frère ce mercredi  10 avril 2019. La chambre criminelle a balayé les soupçons de terrorisme retenus contre lui, mais l’a  simplement condamné pour des « menaces » pour sa publication sur la page Facebook de l’ambassade des États-Unis. Une joie pour une  liberté retrouvée pour monsieur Kébé, mais  teintée d’amertume pour son avocat Moussa Sarr qui a laissé entendre qu’« Aujourd’hui, si M. Saër Kébé n’avait pas été détenu pendant quatre ans, il aurait déjà obtenu son Master, rappelle-t-il. D’autant plus que c’est un garçon brillant». Il ajoutera ensuite la problématique de la  longue durée de la  détention  provisoire concernant les affaires de terrorisme. «Lutter contre le terrorisme ne doit pas être une raison pour violer systématiquement les droits des citoyens », souligne-t-il. Beaucoup de dossiers qui arrivent devant les chambres criminelles au Sénégal pour fait de terrorisme devraient normalement relever des renseignements et non du traitement judiciaire. « Nous estimons que cela est admissible et nous estimons que cela doit être le nouveau chantier du gouvernement, et plus particulièrement du ministre de la Justice. Il faut qu’on travaille pour légiférer sur les détentions provisoires afin que nos textes ou nos réalités judiciaires correspondent aux standards internationaux », a souligné son avocat.

Au  Sénégal,  près d’un détenu sur deux est en détention provisoire sans avoir été jugé, une situation que  le nouveau ministre de la Justice, monsieur Malick Sall, a promis de remettre « de l’ordre » dans le  système judiciaire au Sénégal.

ISSA DJIGUIBA

Source: Le Pays

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